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Texas Bandidos

Avis sur Tres hombres

Avatar Ze Big Nowhere
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ça sent les grands espaces, mon pote.
Des grands espaces déserts, aussi secs qu'un coup de tequila en plein cagnard. Des kilomètres de goudrons brûlants au milieu d'un grand rien plein de sable et de sel.
Des scorpions gros comme ma pogne, des coyotes qui gueulent comme des putois pour te prévenir que t'es en territoire hostile, des saloperies de serpents à sonnettes sous chaque putain de caillou prêts à te croquer les miches.
Des cactus gros comme des platanes, aux aiguilles aussi acérées que les machettes de ces ordures de Mexicains et toujours ce vent incandescent qui fait bouillir ton sang plus rapidement qu'une Gianna Michaels qui aurait perdu son soutif' renforcé dans ton jardin.
Des Gas-Station décolorées et poussiéreuses toujours à sec et des motels déglingués aux draps collants.
Pays dans un Pays.
Indiens civilisés contre cow-boys barbares, Chicanos puritains contre évangélistes assassins et inversement.
Des derricks à perte de vue crachant insolemment leur pétrole comme ces rednecks à chapeaux de paille crachent leur chiques dégueulasses.

Bienvenue au Texas.

Comme le Bronco ruant, le derrick giclant ou les chaises électrisantes, il est des symboles incontournables de cet Etat que l'on ne peut omettre.
Et ZZ Top en est un.

Nous sommes en 1973 et les pas-encore barbus du ZZ viennent de sortir leur troisième album après que les deux premiers opus rôdés dans quelques bars glauques au milieu de Rednecks bagarreurs aient fait leur petit effet.
Une reconnaissance méritée où le Blues-Rock enraciné des trois amigos imprégné de Texas jusqu'au bout de la santiag en peau de serpent et fleurant bon la binouze tiédasse et le cambouis, commence à ravitailler en gros son les radios locales.

Tres Hombres voilà le mobile.
Les gueules patibulaires de nos trois Texans placardées comme un vulgaire panneau " Wanted. Dead or Alive" sur tout le territoire confédéré.
La planète Rock veut leur mettre le grappin dessus à tout prix.
C'est la cavale qui débute pour nos trois bandidos. Une cavale sur fond de Blues-Rock hargneux et totalement maîtrisé.
Les compères ne souffrent d'aucuns complexes et envahissent les genres comme on casse les banques: les armes d'une main et les couilles de l'autre.
On rentre dedans, on prend tout, on fait tout exploser et le tout avec l'assentiment de la population locale.

Waitin' For The Bus et son riff à la coule, son harmonica moite et éraillé annonce la couleur d'entrée de jeu: Bienvenu en pays Texan. Welcome in Deep South.
Des chansons sur des buveurs de bières et des sons of a bitch chevauchant leur bécane jusqu'à la porte des enfers pour y finir leurs jours (La couillue Beer Drinkers and Hell Raisers), crachées d'une voix lancinante de Sudiste fatigué.
Les pistes se suivent et la traque musicale continue. Après le Rock viril, le Rock d'homme parfumé à la Tequila et au jus de citron, c'est le Blues que les ZZ font transpirer sous les aisselles.
Jesus Just Left Chicago, Blues bouillant comme un après-midi d'été à El Paso, griffé jusqu'au sang par la patte magique de Billy Gibbons.
Des morceaux de Rock épais suintant le Blues parsème l'album comme un taco bien gras dégouline de guacamole, jusqu'au monument du skeud (et de la carrière des Tres Hombres): Le bourbeux La Grange.
Boogie survitaminé aux accents Hookerien narrant les délices de ce bordel Texan paumé en plein désert et affichant complet tous les soirs, où les plus beaux culs confédérés te font les yeux doux pour la plus grande joie de ton slip moite.
Un riff crasseux comme un trottoir de Tijuana. Une voix trempé dans le Mescal, traînante comme un reptile sous un soleil de plomb.
Un Blues poussiéreux porté au plus haut des cieux par le solo tout en harmoniques artificielles du Guitar Hero à barbouze: Billy Gibbons.
Un Boogie Blanc au coeur Noir qui rentre dans la légende à la force du poignet...et par la grâce des doigts de fée de Maître Gibbons.

ZZ Top réalise le casse parfait et s'arrache à fond la caisse en faisant un bras d'honneur aux flics juste derrière eux.
Les fuyards à barbes vivront encore quelques belles années en cavale avant d'être finalement rattrapé dans les années 80 par la police spéciale MTV, qui mettra un terme aux velléités Rock des Barbus à grands coups de pubs colorées et de nappes de synthé dégueulasses.

Paix à leurs âmes.

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