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Aux racines de la légende

Avis sur Please Please Me

Avatar Kantien Mackenzie
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Premier album, premier chef d'oeuvre. Il y a pas mal de reprises sur ce disque, mais les Beatles les interprètent avec une fougue telle que cela dépasse facilement l'original. Il peut s'agir de la ballade "Anna (Go To Him)" d’Arthur Alexander, du rock endiablé de "Twist and Shout" sur lequel John Lennon s'égosille comme un fou ou de morceaux pop de girls bands de l'époque comme "Chains" (The Cookies) , "Boys" (The Shirelles) "Baby It's You" (The Shirelles) dont ils adaptent les paroles pour les garçons.

En 1962, les Beatles ne sont évidemment pas les artistes d'avant-garde qu'ils deviendront mais ils sont déjà des interprètes exceptionnels. Et d'excellents compositeurs, par-dessus le marché : « Misery » en particulier est un morceau parfait dans le genre "beat" qu'ils ont inventé et se distingue par sa ligne de piano, certes simplissime, mais tout juste à point nommé . Des morceaux comme "P.S. I Love You" et "Do You Want to Know a Secret" contiennent également déjà de belles lignes mélodiques.

Chacune de leur composition parle d'amour, de façon un brin naïve mais potentiellement aussi subversive sur un morceau comme "Please Please Me" qui, sous des apparences innocentes, est une sorte de plaidoyer en faveur de la réciprocité du plaisir sexuel (en l'occurrence oral selon la plupart des interprétations). En outre, au-delà de la simplicité des paroles, leur premier tube "Love Me Do" délivre au fond un message spinoziste proche selon lequel l'amour authentique est normalement accompagné d'un retour.

Les quatorze titres s'enchaînent, on ne s'ennuie pas, on est plutôt tenté d'appuyer sur la touche "repeat" ou de remettre le bras du vinyle au début. Ce disque justifie l'intuition de George Martin (producteur des Beatles au sein du label EMI) vis-à-vis de ces quatre gamins de Liverpool. Le label concurrent Decca, qui les avait recalés, s’en mordra les doigts. Pour autant, ne nous y trompons pas : cela reste relativement sage pour être compatible avec les exigences commerciales de l'époque, et on ne peut pas encore deviner l'ampleur de ce que les Fab Four réaliseront par la suite

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