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Karma par xeres

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Pharoah Sanders – Karma (1969)

Cet album a été enregistré en février mille neuf cent soixante-neuf, c’est le second album pour « Impulse », il est souvent considéré comme le point culminant de la discographie de Pharoah, il y a des raisons à cela, notamment parce qu’il cumule une certaine facilité d’accès et un fort pouvoir attractif. Tout d’abord par la simplicité de la structure du titre phare « The Creator Has A Master Plan », qui se tient en entier sur la première face. Mais aussi par la beauté du chant de Leon Thomas et enfin par l’arrivée sublime du son du saxophone ténor, merveilleux et libérateur.

A ce stade il est bon de rappeler que le label « Strata East » sortira en 1973 un album de Pharoah, « Izipho Zam (My Gifts) » enregistré le quatorze janvier soixante-neuf, soit exactement un mois avant « Karma ».

Pharoah est habité par un mysticisme qui l’envahit et le guide, toute sa musique en est empreinte et cette première pièce possède tout d’une prière. Bien que les paroles soient d’Amosis Leontopolis Thomas, communément nommé Leon Thomas, chaque mot semble venir de son cœur. Bien entendu chacun y trouvera ce qu’il souhaite, cette fois naïve et première est sans doute enfantine, mais les mots les plus simples sont souvent les mieux compris.

Ce qui est sûr c’est que Leon Thomas a formidablement bien chanté, avec une exquise modération, quant au leader il nous livre un jeu plein d'émotion, au-delà du souffle, en un lieu où seul le cri s'avère possible pour exprimer l'indicible.

Un mot sur les musiciens, Richard Davis et Reggie Workman à la basse, énormes, Julius Watkins au cor, James Spaulding à la flûte, Lonnie Smith au piano, William Hart à la batterie et Nathaniel Bettis aux percussions. Sur la pièce de la face B Frederick Waits est à la batterie et Ron carter à la basse.

Sur l'album d'origine il y a un titre par face et « Colors » occupe l'entièreté de la face deux. « Colors » a été enregistré cinq jours plus tard, et commence comme une liesse, une fête où chants et musique se lient pour exprimer une sorte de béatitude, une ode à la nature et à la joie, une fête collective. Leon Thomas se lâche grave dans cet océan de plénitude et de transe collective. Pas de lente montée ici, nous nous baignons dans ce milieu marin, portés par les voix et les clochettes, les airs chantés et les tambourins magnifiques. La basse groove et « The Créator a toujours ce fameux Masterplan » alors pas d’inquiétude, tout va…

Une phase conclusive toute en lyrisme termine ce merveilleux album que l’on pourrait inscrire dans une suite possible de la musique de Trane, Leon Thomas chante « Mother Nature » et nous assure que « sans lui, il ne peut y avoir d’harmonie ».

Un album fondateur, magistral et incontournable.

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