Belle Déception

Avis sur 1899

Avatar Raphaële Martinat
Critique publiée par le

1899, le Kerebros traverse l’Atlantique avec, à son bord, plusieurs passagers de différentes origines, de différentes classes qui cherchent à gagner New York en moins de sept jours. Malheureusement, sur le chemin, ils vont croiser le message de détresse du Prometheus, navire de la même compagnie qui a disparu quatre mois plus tôt…

Je n’ai pas regardé *Dark*. Je devrais, je sais mais je ne le fais pas. La dernière fois qu’on m’a proposé de regarder une série « incroyable », j’ai été déçue. Le problème étant que j’ai été trop « hypée »… du coup, dans le doute, je préfère ne pas regarder *Dark* tout de suite. Ce qui m’amène à la question suivante : ceux qui ont regardé *Dark* (oui, parce que ce sont les mêmes showrunners), avez-vous eu besoin d’attendre la deuxième saison pour rentrer pleinement dedans ou est-ce que vous étiez déjà conquis dès la première ?

Parce que, perso, après avoir vu toute la série dans son entièreté, je ne peux m’empêcher de me demander si ce n’est pas du foutage de gueule.

Le concept est ultra intéressant : un navire se retrouve coincé dans une boucle spacio-temporelle. En plus de l’aspect historique mélangé à un brin de fantastique, il y a un truc que j’adore : la multi-ethnicité des acteurs. On a ici des personnages qui parlent dans plusieurs langues, voire ne se comprennent pas, rajoutant une difficulté en temps de crise. Un concept que j’adore et que seul Netflix a toujours accepté et su développer. En complétant avec des personnages forts, à la personnalité complexe et aux sombres secrets, on pourrait s’attendre à un divertissement digne de *Dark*, n’est-ce pas ?

Hélas, non. La série se perd dans des imbroglios scénaristiques à n’en plus finir : on a à peine le temps de développer le début d’un mystère qu’on en a déjà trois autres sur les bras, nous donnant un mal de crâne pas possible. En voulant se complexifier, l’intrigue ne propose rien d’intéressant, notamment parce qu’on part dans tous les sens sans avoir un seul point d’accroche : les personnages ? Seuls deux sont correctement développés, le reste sont faussement complexes et nullement intéressants (pire, certains évolueront de manière superficielle). La faute, probablement au fait qu’on nous en présente trop, trop rapidement au début avant de déclencher l’incident perturbateur. La barrière de la langue ? Le problème, c’est qu’elle n’est jamais correctement utilisée. On se retrouve notamment dans des scènes sans queue, ni tête où des personnages qui ne se comprennent pas arrivent à avoir une discussion à peu près construite, avec une grande facilité. Du reste, le problème des langues finit par soulever une incohérence : d’où est partie la compagnie et de quelle origine est-elle vraiment ? Parce que comment les officiers peuvent-ils être allemands, mais leurs ouvriers anglais (à l’exception d’un, polonais), comme leurs nouveaux patrons, et en plus, ils ont pu récupérer des passagers de plusieurs ports, notamment d’Asie ? (je ne veux pas être méchante mais, à mon avis, il y avait une raison pour laquelle il n’y avait pas beaucoup d’asiatiques sur ce genre de paquebot à l’époque et ce n’était pas forcément lié au racisme mais probablement au fait qu’il y avait des lignes plus directes pour aller en Amérique depuis l’Asie) Certainement que cette incohérence se justifie avec la révélation finale mais personnellement, je pense que c’est plutôt une paresse d’écriture ou le signe que les passagers auraient pu se douter que quelque chose ne tournait pas rond depuis le début.

Et que dire d’ailleurs des révélations qui nous sont faites ? On part dans un jargon pseudo-scientifique IN-COM-PRE-HEN-SIF quand on veut nous donner des explications un peu alambiqués et on nous apporte des révélations qui n’en sont pas une, notamment parce qu’on n’a pas pris assez le temps de développer les personnages, pour qu’on en est quelque chose à faire de la révélation.

Bref, un bon gâchis qui ne me donne pas trop envie de voir la suite. En effet, je crains fort qu’en voulant faire mieux que *Dark*, les showrunners en aient fait trop.

Mais je serai quand même curieuse d’avoir l’avis des fans de *Dark*…

PS : mention spéciale aux acteurs français dont je ne comprenais qu’une réplique sur deux, généralement après l’avoir entendu deux fois. C’était trop demander de ne pas parler dans sa barbe ?

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