Carnet de bord cinématographique 2022 (Annotation et classement par ordre de préférence)

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362 films

par KS-1695
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    Bande-annonce

    Le Peuple Loup (2020)

    Wolfwalkers

    1 h 40 min. (France). Fantastique, aventure et animation.

    Long-métrage d'animation de Tomm Moore et Ross Stewart avec Honor Kneafsey, Eva Whittaker, Sean Bean

    Le 04/08 sur Canal + sur la TV

    C’est avec les yeux embués que je termine le visionnage de ce qui est l’un des plus grands films d’animations des années 2020. Moore m’avait déjà convaincu avec son précédent long métrage le chant de la mer mais le peuple loup est d’un tout autre calibre. L’animation semble simple mais elle a un vraie cachet, une vraie originalité et fourmille de détails. Couplée à une mise en scène virtuose et très dynamique, elle épouse le point de vue de son héroïne qui tente d’acquérir sa liberté et son libre arbitre. Certaines transitions enchaînés avec des objets du décor sont démentes et rappelle le cinéma du regretté Satoshi Kon. Bien entendu, le peuple loup rappellera à certains l’immense Princesse Mononoké de Miyazaki. En effet, le scénario a une configuration similaire mais ses thématiques sont tout autres. Si on aborde bien entendu de l’écologie, le peuple loup parle également de la liberté de la femme qui essaye d’échapper aux carcans qu’on lui impose ainsi que de l’obscurantiste religieux et de la haine de l’autre. Une thématique bien actuelle dans un monde de plus en plus divisé. Au-delà de cela, il parle également de l’hégémonie d’une culture qui essaye d’imposer son point de vue aux autres et si le film se passe en Angleterre au XVIIème siècle, le problème est toujours présent avec les Etats-Unis. Les thématiques sont nombreuses, mais n’empêche pas que le scénario soit limpide et un enfant pourra y voir une très belle histoire d’amitié couplé d’un passage de l’enfance à l’adolescence. Certains passages sont grandioses et provoque des émotions de tristesses ou d’euphorie sincère (le passage avec la musique Running with the wolves est splendide). Alors oui l’antagoniste est manichéen et le scénario n’a peut-être pas la profondeur d’un Princesse Mononoké mais l’émotion qui s’en dégage est unique. Un film qui me hante encore.
  • 2
    Bande-annonce

    Moneyboys (2021)

    2 h. (France). Drame.

    Film de C.B. Yi avec Kai Ko, Zéng Měi-Huì-Zī, Lín Zhé-Xī (J.C. Lin)

    Le 29/03 au cinéma

    Le premier long métrage de C. Bi. Yi est une pépite absolument grandiose. Visuellement magnifique et avec une mise en scène à base de plan séquence incroyable bien rythmé (la séquence de la fuite à l’arrivée de la police, du repas en famille ou de la danse dans un bar sont d’une puissance inouïe) le long métrage n’oublie pas pour autant le fond. Que ce soit la confrontation entre tradition et « progrès », la difficulté de migrer vers les grandes villes, le désir de liberté, le monde de la prostitution homosexuel et surtout le fait d’apprendre à aimer et à recevoir de l’amour, le long métrage traite d’une multitude de sujet et pourtant on ne ressent jamais de lourdeur qui aurait pu alourdir le rythme du film. Le ton du film oscille entre drame, romance avec un soupçon de comédie et cela fonctionne parfaitement et les comédiens sont tous très bon. Que dire de la BO absolument grandiose dont les deux musiques principales montrent bien les changements de ton entre drame et moment plus léger. Alors certes, le film n’est pas parfait et perd très légèrement en rythme et en intérêt au ¾ du récit. Reste que Moneyboys est une immense pépite avec une forme grandiose mais jamais ostentatoire et qui ne sacrifie pas l’émotion ou le récit. Une claque.
  • 3
    Bande-annonce

    Licorice Pizza (2021)

    2 h 13 min. (France). Comédie dramatique et romance.

    Film de Paul Thomas Anderson avec Alana Haim, Cooper Hoffman, Sean Penn

    Le 11/01 au cinéma

    Paul Thomas Anderson est peut-être le plus grand réalisateur Américain encore en activité et il le prouve encore ici avec son magnifique Licorice Pizza. Presque diamétralement dans son geste cinématographique avec le très bon Phantom Thread, Licorice pizza est un film flottant et assez merveilleux dont l’objectif est de retrouver cette vigueur de l’adolescence où tout semble possible. La mise en scène du réalisateur est comme toujours magnifique et le rythme oscillant entre comédie, romance avec un soupçon de drame fonctionne à merveille. Soupçon de drame, car si le metteur scène mets en scène avec la vision d’un adolescent, il n’hésite pas par moment à filmer le monde adulte d’un point de vue bien plus désenchanté. Directeurs de castings de casting qui n’ont plus la passion, star aux égos surdimensionnés qui ne pensent qu’à eux et qui vivent dans leurs mondes, parents presque absent, maire obligé de cacher son homosexualité pour briguer un mandat sous fond de crise pétrolière, le monde semble doucement s’écrouler. Ce sous texte ne tempère pourtant pas le côté extrêmement solaire que ce soit les acteurs principaux débutants (Alana Haim et Cooper Hoffman sont des révélations) qui sont accompagnés par des acteurs secondaires expérimentés qui s’éclatent (Sean Penn, Bradley Cooper et Benny Safdie notamment). Car le principe du film est là, comment la fougue de la jeunesse parvient à survivre à un monde qui s’effondre doucement et avec un monde adulte qui a perdu tout charme et qui ont perdu leurs rêves. Tantôt émouvant, tantôt drôle, magnifiquement rythmé et avec une soundtrack magnifique, Paul Thomas Anderson signe encore un gros film où l’on termine sourire aux lèvres.
  • 4
    Bande-annonce

    Man on the Moon (1999)

    1 h 58 min. (France). Biopic, comédie et drame.

    Film de Miloš Forman avec Jim Carrey, Danny DeVito, Courtney Love

    Le 28/12 sur TCM cinéma sur la TV

    Je savais que Jim Carrey était un acteur très talentueux. Je ne me doutais pas qu’il pouvait arriver à un tel niveau. La performance du comédien est absolument hallucinante et mérite à elle seule la vision de ce biopic. Au-delà de cette performance immense, le film mélange habilement comédie et drame et le film ne cesse de surprendre. Le personnage d’Andy Kauffman est fascinant et le film lui rend justice à tous les niveaux. Que dire de la mise en scène de Milos Foreman qui semble s’effacer pour mettre en avant aussi bien le personnage Andy Kauffman que l’acteur Jim Carrey tout en mettant en avant l’univers fantasque et intime de son héros principal. Un film absolument grandiose qui aura détruit psychologiquement Jim Carrey qui est allé au tréfonds de son être et qui aura laissé des plumes sur le tournage. Immense.
  • 5
    Bande-annonce

    Blow-Up (1966)

    1 h 51 min. (France). Drame et thriller.

    Film de Michelangelo Antonioni avec Vanessa Redgrave, Sarah Miles, David Hemmings

    Le 12/03 en DVD sur la TV

    Certainement le grand chef d’œuvre d’Antonioni, blow up c’est l’histoire d’un photographe perfectionniste, misogyne et profondément antipathique mais qui reste un génie dans son domaine et qui maîtrise l’ensemble des aspects de son art (mettre en avant les corps, habiller l’espace avec l’architecture et bien entendu maîtriser l’image). Ce que va faire Antonioni c’est finalement l’ouvrir au monde, lui qui est terré dans son appartement ou dans sa voiture de luxe en le mettant face à une problématique qu’il ne connaît pas, une de ses photos contient un élément qu’il n’a pas su maîtriser et il y a la preuve d’un meurtre à l’intérieur. Derrière une mise en scène somptueuse et millimétré voir maniaque comme peut l’être son personnage principal, Blow up est un film passionnant sur la puissance de l’image mais également un parcours brillant d’un personnage qui va s’ouvrir au monde et aux autres. En témoigne ce splendide final d’un héros en pleure face à un nouvel art (celui du mouvement et du son et si on l’additionne à l’image cela donne le cinéma) face à des individus qu’il a pourtant pris de haut en début de métrage. L’acariâtre commence à fendre la carapace mais malheureusement il est déjà trop tard.
  • 6
    Bande-annonce

    Flee (2021)

    Flugt

    1 h 29 min. (France). Animation et société.

    Documentaire d'animation de Jonas Poher Rasmussen avec Daniel Karimyar, Fardin Mijdzadeh, Milad Eskandari

    Le 27/07 sur Arte Replay sur un PC

    Dans la lignée de l'immense Valse avec Bachir, Flee est lui aussi un film à la fois d'introspection sur l'infiniment petit (le destin d'une famille Afghan) et l'infiniment grand sur le destin d'un pays voir même d'un constat du monde dans les années 80 à début 90. Flee est une démonstration de force que ce soit dans son inventivité à utiliser différentes techniques d'animation et de le mélanger à des images d'archives pour rendre tangible ce témoignage d'une époque pas si lointaine. Il parvient même à utiliser ses contraintes budgétaires et donc technique comme une force. En effet, l'animation est saccadée par manque de budget mais cela se justifie dans une grande quantité de scènes puisqu'on parle de souvenir qui sont pour la plupart assez flous. Le film parvient également à mettre en lumière le destin d'une famille et plus particulièrement d'un homme qui cherche sa place dans un monde en proie à la guerre et qui refuse d'assumer une homosexualité par peur du rejet surtout dans une famille orientale. En plus de cela, le film parvient également à mettre en avant l'état du monde à la fin des années 80, début 90avec la chute des régimes communistes (descente aux enfers de l'URSS et de ses alliés avec des guerres à la clé dans certains pays) et début d'une hégémonie Américaine qui s'implémente dans ses pays et qui a fait au final bien plus de mal que de bien dans ses pays. Un grand film qui s'achève sur une transition entre l'animation et l'image réelle afin de rendre encore plus palpable la réalité d'un homme qui trouve enfin la paix.
  • 7
    Bande-annonce

    Manille : Dans les griffes des ténèbres (1975)

    Maynila: Sa mga kuko ng liwanag

    2 h 05 min. (France). Drame.

    Film de Lino Brocka avec Hilda Koronel, Bembol Roco, Lou Salvador Jr.

    Le 26/04 sur Mubi sur la TV

    Ce qui impressionne dans Manille c’est comment Lino Brocka parvient à lier un nombre impressionnant de thématique avec une cohérence et une fluidité exemplaire. Derrière le récit d’un jeune homme en perdition qui recherche sa chère et tendre dans une ville labyrinthique et grouillante de monde, Brocka peint un portrait peu flatteur de son pays. Avec cette exploitation de la misère sous toute ses formes, le réalisateur montre comment un homme naïf et bon sous tout rapport se transforme petit à petit en être vengeur et empli de colère. Rien n’est épargné au personnage principal incarné par un Bembol Roco en état de grâce qui exprime toute la tristesse et la colère du monde dans des regards emplis d’une profonde mélancolie. La descente enfer que subi le personnage principal est horrible et le dernier plan absolument tétanisant d’horreur met le spectateur K.O. Certes, le film a quelques soucis de rythme et de narration par moment mais c’est bien pu face à toutes ses immenses qualités. Un joyau d’une rare noirceur.
  • 8
    Bande-annonce

    Exilé (2006)

    Fong juk

    1 h 40 min. (France). Action, thriller, policier, film noir et gangster.

    Film de Johnnie To et Law Wing-Cheong avec Anthony Wong, Francis Ng, Simon Yam

    Le 06/05 sur France TVreplay sur la TV

    Magnifique chant du cygne dans ce qui est très certainement le plus grand film de son metteur en scène, Exilé à tout du film crépusculaire. Que ce soit dans le genre qui l’incarne (l’un des derniers grands polars de Hong Kong bien après sa période dorée des années 80-90) où de par sa période (les derniers jours avant la rétrocession de Hong Kong à la Chine) l’œuvre de Johnny To est un film mélancolique et désespéré. La mise en scène absolument virtuose convoque aussi bien Sergio Leonne pour sa mise en scène en plan fixe, sur le fait de retarder au maximum le coup de feu et sur la magnifique BO très orientée harmonica que sur le Heat de Michael Mann pour le ton crépusculaire et nihiliste de l’ensemble. C’est simple je n’ai pas dû voir des scènes de fusillade et surtout de scène de tension avant les dites fusillades depuis des années. L’ensemble est absolument grandiose à regarder et chaque scène est un petit bijou pour les yeux. Alors malheureusement et comme souvent avec Johnny To, le scénario est un peu trop simple et les personnages pas assez caractérisés pour qu’on s’attache à eux. Reste qu’Exilé et la preuve que juste une immense mise en scène peut sublimer un film surtout quand ce dernier n’est pas creux et qu’il témoigne de la fin d’une époque, celle des grands polars de Hong Kong pillé par Hollywood. En ce sens, le plan de cette cannette de Red Bull qui s’écroule sur les lingots d’or est bien l’inverse d’un placement de produit et témoigne de l’assimilation des polars Hongkongais par Hollywood qui en a enlevé toutes les valeurs pour faire uniquement du pognon. Grand film auquel il manque juste un scénario plus solide.
  • 9
    Bande-annonce

    Nope (2022)

    2 h 10 min. (France). Science-fiction et Épouvante-horreur.

    Film de Jordan Peele avec Daniel Kaluuya, Keke Palmer, Brandon Perea

    Le 13/08 au cinéma

    Après le succès Get Out et le plus clivant US, Nope était scruté par pas mal de monde. A mon sens, c’est le meilleur film de son metteur en scène. Le long métrage est moins alambiqué que son précédent long métrage dans sa trame narrative alors que paradoxalement, le film est bien plus riche. Splendide allégorie de la déchéance du monde du spectacle et donc d’un système hollywoodien qui cannibalise littéralement ses spectateurs que les acteurs du système. En ce sens, certaines scènes qui ne semblent pas avoir de lien entre elles (la terrifiante partie sur le singe Gordy) où sur certains actes (celui du chef opérateur) on en réalité un sens dès qu’elle rentre sur un plan métaphorique. Le film est agrémenté en plus de cela d’une mise en scène absolument somptueuse avec en milieu une scène graphique saisissante d’effroi et de paradoxalement de beauté aussi. La fin du film voyant son héro à dos de cheval s’arrêté sur une pause iconique d’un western appelle le spectateur et à ses acteurs à se diriger vers un système plus authentique (le western était un genre phare des Etats-Unis au début du cinéma) tout en renouvelant ses codes aux dictats d’aujourd’hui (les héros du film sont issus des « minorités »). Alors oui le film a quelques petits creux et les acteurs si ils sont compétents, ne sortent pas vraiment du lot tant Peele et prodigieux dans le reste des domaines. Un film spectaculaire dénonçant les films spectaculaires d’aujourd’hui. C’est audacieux et le contrat est très bien rempli.
  • 10
    Bande-annonce

    The Batman (2022)

    2 h 56 min. (France). Action, drame et policier.

    Film de Matt Reeves avec Robert Pattinson, Zoë Kravitz, Jeffrey Wright

    Le 18/03 au cinéma

    Le seul vrai reproche que l’on peut faire à cette nouvelle version du chevalier noir, c’est son rythme un peu chancelant. Il était à mon sens possible de couper un peu dans le lard et de gagner 30 minutes tout en gagnant le scénario intact. Reste que le film de Matt Reeves est comme celui de Nolan un film très contemporain qui scrute son époque. Les pêchés du père comme symbole des erreurs des aînés face à laquelle doivent lutter une jeunesse totalement perdue, Matt Reeves essaye avec ce film de mettre une jeunesse perdue et en souffrance dans un monde qui semble perdu. En ce sens, Reeves va scruter l’âme de cette jeunesse en perdition en analysant le regard qu’il soit d’une tristesse mélancolique (celui du Batman d’un Pattinson ultra crédible en chevalier noir) rempli de rage (Zoë Kravitz là aussi tout à fait crédible en Catwoman) ou bien celui d’un regard qui a sombré dans la folie (Paul Dano exceptionnel en Riddler qui prouve encore une fois qu’il est peut-être l’acteur le plus doué de sa génération). Ils sont tous la face d’une même pièce qui réclame vengeance et justice. Derrière ce scénario et ses thématiques pas révolutionnaires mais fort bien menés, l’œuvre de Matt Reeves fait un sans-faute dans tous les domaines que ce soit sa photographie sublime, sa réalisation au petit oignons (avec en point d’orgue une course poursuite grandiose), son casting impeccable et ses musiques variées et qui colle aux situations et qui va chercher aussi bien le Something in the way de Nirvana que le Avé Maria de Schubert. Un beau film très actuel sur le ras le bol d’une jeunesse qui ne croit plus en rien mais qui doit s’entraider pour entrevoir la lumière.
  • 11
    Bande-annonce

    You Cannot Kill David Arquette (2020)

    1 h 31 min. (France). Sport.

    Documentaire de Price James et David Darg avec David Arquette, Christina McLarty, Patricia Arquette

    Le 29/06 sur OCS sur la TV

    A mon sens, pour bien saisir toutes les subtilités du documentaire, il est préférable d’avoir des connaissances solides sur le catch Américain. Bien étendu, sans cela, le documentaire est loin d’être incompréhensible mais il sera plus difficile de saisir tout le parcours du combattant de l’acteur. Reste que le documentaire est vraiment stimulant. Le mélange de comédie, de drame et de folie fonctionne parfaitement et le portrait de l’acteur David Arquette est fascinant. Un acteur sur le déclin mais passionné qui tente des rachetés ses fautes dans une discipline qui l’adore (le catch) près de 20 ans après alors que sa condition physique est déplorable. Alors certes, le film a un petit côté voyeuriste dispensable et il semble avoir par moment un regard un peu trop orienté « positif » sur l’acteur. Reste que l’ensemble est parfaitement équilibré sur ses différents registres de ton, qu’il est fascinant et qu’il est inspirant. Un grand documentaire.
  • 12
    Bande-annonce

    New York Melody (2014)

    Begin Again

    1 h 44 min. (France). Comédie dramatique, romance et musique.

    Film de John Carney avec Keira Knightley, Mark Ruffalo, Adam Levine

    Le 15/11 en Blu-Ray sur la TV

    New York Melody est un film pétrit de défaut. La mise en scène a quelques trouvailles mais reste relativement sans éclat. Le film est par moment vraiment mièvre et la progression dramatique des personnages laissent parfois à désirer. Bref, j’ai déjà vu ça alors. Cependant, quel film ! La BO du film incroyable, les comédiens sont tous énergiques et le film trouve un équilibre presque miraculeux entre les bons sentiments de la comédie romantique et une mélancolie bienvenue. Que dire de cette fin d’une puissance émotionnelle rare qui m’a laissé entre un sourire béat de satisfaction et les yeux un peu humide. Et comme le dit si bien cette musique de fin, peut être sommes nous tous des étoiles perdues essayant d’illuminer l’obscurité. Un film loin d’être parfait mais dont le résultat est proche du miracle.
  • 13
    Bande-annonce

    Belle (2021)

    Ryû to sobakasu no hime

    2 h 02 min. (France). Animation, aventure, drame et science-fiction.

    Long-métrage d'animation de Mamoru Hosoda avec Kaho Nakamura, Louane, Rina Izuta

    Le 12/01 en téléchargement sur la TV

    Mamoru Hosoda revient à ses premiers amours à savoir le rapport entre l’humain et la machine et plus particulièrement les réseaux sociaux comme il avait pu le faire dans Summer wars et de manière surprenante dans son premier long métrage Digimon the movie. Belle a une pelleté de défaut scénaristique, il est irréaliste et très guimauve à certains moments. En revanche, c’est un film d’une sincérité totale et d’une puissance visuelle absolument admirable. Les scènes chantés sont un délice et procure une émotion sincère au spectateur et la dualité de l’animation entre le monde de l’imaginaire et le monde réel fonctionne à merveille. Enfin et c’est un prisme intéressement Momuro Hosoda est l’un des seuls à voir de manière positive les réseaux sociaux. Dans un monde où il est toujours plus difficile de communiquer à cause de la peur du regard des autres, Hosoda montre que les réseaux est une solution pour s’accomplir, créer du contact et se donner du courage pour accomplir ce que l’on a pu oser dans les réseaux sociaux et le transposer dans la vie réelle. Le film oscille parfaitement entre drame et comédie, gravité et légèreté et laisse le spectateur KO à la fin du long métrage. Un film blindé de défaut mais d’une sincérité et d’une puissance incommensurable.
  • 14
    Bande-annonce

    First Cow (2019)

    2 h 02 min. (France). Drame et western.

    Film de Kelly Reichardt avec John Magaro, Orion Lee, Toby Jones

    Le 30/07 sur OCS sur la TV

    First cow est de très loin le plus grand film de sa réalisatrice qui est ici en état de grâce. Grand film féministe alors qu’il n’y a aucune femme à l’écran. En effet, si first cow traite de la masculinité viriliste et toxique dans une société qui ne semble plus avancer, elle met justement en avant deux héros bien différent des critères masculin de l’époque en Amérique à savoir un cuisinier et un Chinois dans un pays d’homme blanc obnubilé par la chasse à la fourrure. Deux héros qui parviendront à réussir via une entourloupe et qui finiront par le payer car les lois de la nature sont immuables. En plus de cela, Kelly Reichardt traite du début du capitalisme et de des futures dérives ainsi que de l’amitié dans un film où il ne semble rien se passer mais dont est signifiant que ce soit par le dialogue ou juste par le hors champs. Que dire de ce dernier plan de fin absolument tétanisant de beauté qui laisse le spectateur KO alors que tout n’est que calme et volupté. Un grand film qui pourra en agacer certains par sa volonté anti spectaculaire avec en ce sens quelques légères maladresses (les dialogues qui sont chuchotés par moment c’est risible). Reste un grand western reposant, tragique et féministe alors qu’il n’y a aucune femme et qui peut se targuer de n’avoir aucun coup de feu tiré.
  • 15
    Bande-annonce

    Night Is Short, Walk on Girl (2017)

    Yoru wa Mijikashi Aruke yo Otome

    1 h 33 min. (Japon). Animation et comédie romantique.

    Long-métrage d'animation de Masaaki Yuasa avec Gen Hoshino, Kana Hanazawa, Hiroshi Kamiya

    Le 18/08 sur France TV replay sur la TV

    Night is short walk on girl est peut-être le grand film de la carrière de Masaaki Yuasa. Tout en conservant le côté foutraque et expérimental de Mind Game, Night is short walk on girl parvient tout de même à garder le cap sur le fil rouge de son scénario ce qui n’est pas le cas de son aîné. Les personnages sont attachants, les idées visuelles pleuvent tout en étant plus ténu et moins fatigante que Mind Game et le film est une belle ode aux rencontres et chose rare à l’alcool pour délier les âmes et les cœurs. Le film est souvent drôle, il va vite avec un montage inouïe qui peut rappeler le cinéma de Satoshi Kon. Cependant, la prouesse du film c’est qu’il parvient réellement à créer une émotion de tendresse et de mélancolie sur sa dernière partie chose que je pensais impossible vu le rythme et le côté enjoué du long métrage. Alors oui, devant une telle densité, les moments de décrochage sont parfois présents même si ils sont bien moins nombreux que dans mind game et que le film reste quand même moins démentiel dans les idées que son aîné. Reste que l’expérience proposé par Yuasa en vaut la chandelle.
  • 16
    Bande-annonce

    L'Intendant Sansho (1954)

    Sanshō dayū

    1 h 59 min. (France). Drame.

    Film de Kenji Mizoguchi avec Kinuyo Tanaka, Kyôko Kagawa, Eitarô Shindô

    Le 18/06 sur Mubi sur la TV

    Deuxième film que je visionne de Kenji Mizoguchi après la magnifique mais pas très entraînant les contes de la lune vague après la pluie. Visuellement, comme toujours chez Mizoguchi c’est grandiose et ça écrase la majorité des productions actuelles. Chaque plan est un tableau d’orfèvre. Au-delà de cette magnificence, en termes de mise en scène il y a des moments de bravoure tétanisant (la libération des esclaves, le suicide hors champs ou les scènes de retrouvaille à la fin). Derrière cette maestria sur la forme, Mizoguchi n’oublie pas le fond et parle aussi bien de la fin d’une ère, que de la lignée familiale et de son importance et bien entendu de l’exploitation des faibles par les riches/seigneurs de l’époque. C’est beau et déchirant malgré quelques problèmes de longueurs.
  • 17
    Bande-annonce

    Le Solitaire (1981)

    Thief

    1 h 58 min. (France). Action, policier, drame, thriller et film noir.

    Film de Michael Mann avec James Caan, Tuesday Weld, Willie Nelson

    Le 17/09 en téléchargement sur la TV

    Deuxième long métrage de Michael Mann et premier film pour le cinéma, le solitaire possède déjà tous les ingrédients de la filmographie de son réalisateur. Une nuit magnifiée par des éclairages de toutes beautés, héros qui tente un dernier gros coup avant de se ranger pour la femme qu’il aime ou encore la frontière poreuse entre grand banditisme et la police. Le film est absolument fabuleux que ce soit sa photographie somptueuse (qui filme la nuit mieux que Mann ?), une mise en scène d’une puissance inouïe que ce soit la scène d’intro quasiment muette, le braquage du coffre ou même la scène de la plage qui s’arrête sur un plan d’écume avec en fond des traces d’algues qui montre que le futur n’est pas si idyllique que son héros le pense. En parlant du héros, James Caan assure dans un rôle proche du anti-héros par moment mais qui reste profondément attachant. Alors oui, il y a de menu défaut par moment avec quelques scènes pas forcément nécessaire, une musique parfois trop omniprésente (mais sublime) et un gunfight final qui a sacrément vieilli même si il est rattrapé par une fin d’un nihilisme absolue qui montre surtout que notre héros est revenu à la case départ. Un magnifique brouillon de son chef d’œuvre Heat qui garde une trame scénaristique similaire mais en démultipliant les enjeux et les personnages avec une mise en scène encore plus virtuose.
  • 18
    Bande-annonce

    The Power of the Dog (2021)

    2 h 05 min. (France). Drame et western.

    Film de Jane Campion avec Benedict Cumberbatch, Kirsten Dunst, Jesse Plemons

    Le 30/01 sur Netflix sur la TV

    Jane Campion n’était pas revenu au cinéma depuis 12 ans avec son beau bright star. Elle signe avec the power of the dog l’anti-western par excellence. Tout d’abord, il y a une époque (les années 20) qui marque la fin le début de l’industrialisation (arrivée de la voiture) et la fin des grandes chevauchées dans les plaines sauvages. Il y a ensuite son antagoniste interprété par un Benedict Cumberbatch étincelant certes viriliste mais surtout un homosexuel refoulé. Un élément souvent suggéré et jamais explicite mais pourtant bien présent et ceux dès le début du film où l’un de ses hommes va dans les bras d’une prostituée et où le flou s’empare du cadre indiquant que lui n’est pas intéressé par cela. Enfin, ce n’est pas ici le plus rapide à l’arme à feu qui va gagner mais le plus stratège et celui qui contrôlera le plus ses émotions. De e fait la fin anti spectaculaire par excellence est un beau pied de nez à ce qui se fait actuellement dans le genre. Tous ses aspects qui sont très maîtrisés sont renforcés par une mise en scène magnifique ou chaque cadre, chaque image signifie quelque chose. On notera quelques plans magnifiques comme par exemple l’arrivée du personnage de Kristen Dunst dans la maison de ses beaux-parents et où une tête de cerf immense domine l’ensemble de la pièce marquant de ce fait le poids des traditions et l’écrasement de ses valeurs traditionnalistes par rapport à la jeune femme vu comme une arriviste. Si je regrette quelques longueurs et certains personnages qui disparaissent du récit alors qu’on aurait pu davantage les développer (celui de Jesse Plemons) le film est bien mis en scène et les personnages tous bien développés. Une réussite incontestable.
  • 19
    Bande-annonce

    Le Grand Silence (1968)

    Il grande silenzio

    1 h 45 min. (France). Western.

    Film de Sergio Corbucci avec Jean-Louis Trintignant, Klaus Kinski, Frank Wolff

    Le 27/02 sur Ciné + sur la TV

    Considéré comme le grand long métrage de la longue carrière de Sergio Corbucci, le grand silence est peut-être l’antithèse parfaite de ce que pouvait proposer son compatriote Sergio Leone en termes de western. Plus âpre, plus violent et plus saccadé, le grand silence est un film nihiliste au possible. Dans un monde sans foi ni loi et où l’homme est prêt à tout pour se faire de l’argent quitte à creuser les inégalités sociales et à tuer, Corbucci dépeint un monde austère, froid (comme le décor du film) et sans espoir. L’ensemble est bien aidé par les décors enneigés assez incroyables, le charisme des comédiens (Kinski en tête qui est absolument terrifiant sans trop en faire ce qui est exploit quand on connaît l’acteur) et bien entendu la mise en scène saccadé du réalisateur qui permet à la fois de dynamiser l’ensemble et de créer un sentiment de malaise. La musique de Morricone magnifique à la fois entraînante et mélancolique permet est la petite cerise sur la gâteau. Que dire de la fin d’une noirceur inouïe avec un plan à travers une fenêtre d’une violence symbolique rare. Certes, le grand silence à ses défauts. Il n’est pas aussi hypnotisant que les grands films de Leone, un des deux flashbacks du film est peu utile et surtout à force de vouloir prendre à contrepied Leone, Corbucci est un peu trop dans son nombre en termes de schéma narratif et d’écriture de personnage. Reste un film que je recommande vivement.
  • 20
    Bande-annonce

    La Classe américaine (1993)

    1 h 10 min. (France). Comédie.

    Téléfilm de Michel Hazanavicius et Dominique Mezerette avec Michel Hazanavicius, Jean-Yves Lafesse, Marc Cassot

    Le 29/05 sur youtube dans un home cinéma

    J’avais vu le flim il y a quelques années et j’étais absolument hilare de bout en bout comme rarement. Alors certes, au revisionnage, le métrage perd un peu en force quand on connaît les ficelles. Reste que l’exercice est difficile et il est très bien relevé surtout pour l’époque car ce genre de montage était rare. L’humour absurde est omniprésent et fait souvent mouche. Le montage des différents films est phénoménal et Hazanavicius s’amuse comme un fou sur les dialogues ou sur les faux raccords ou en détournant les codes cinématographiques pour donner le change dans un exercice complexe. Bref un flim à l’humour Canal comme on en fait plus.
  • 21
    Bande-annonce

    La Nuit du 12 (2022)

    1 h 54 min. (France). Policier et drame.

    Film de Dominik Moll avec Bastien Bouillon, Bouli Lanners, Théo Cholbi

    Le 20/07 au cinéma

    Dominik Moll revient enfin à la sève de ce qui fait son cinéma. En effet, en termes d'ambiance, la nuit du 12 partage de nombreux point commun avec Harry un ami qui vous veut du bien à savoir un film inclassable et vaporeux à la lisière du thriller, du drame et de la comédie noir. Le terme "vaporeux" est ici encore plus adapté car cette enquête que l'on sait d'entrée irrésolue semble échapper de plus en plus au spectateur et à la police qui semble de plus en plus démuni et qui tourne en rond (belle métaphore qui voit le personnage de Bastien Bouillon tourner en rond la nuit avec son vélo sur une piste). Moll parvient à faire coexister une multitude de style et de thématique (féminicide, manque de moyen de la police qui cherche un sens à son métier, jeunesse hors du temps et rapport homme-femme au XXIème siècle) avec une aisance rare et couplée à une mise en scène lente et contemplative qui donne l'impression qu'une sorte de fin du monde tel que nous le connaissons semble émerger. Les comédiens sont excellents à commencer par la révélation Bastien Bouillon maniaque du contrôle mais qui semble exploser à tout moment tant ses yeux cache une rage et une tristesse indéfinissable. Un césar du meilleur espoir masculin lui tend les bras. Alors oui, le film à quelques petits défauts. Il surligne un peu ses thématiques et sa posture féministe par des dialogues un peu lourds et sa fin et un peu moins puissante que le reste du film même si elle se termine par une libération mentale de son personnage principal.
  • 22

    Presque célèbre : Director's Cut (2001)

    Almost Famous : The Bootleg Cut (Director's Edition)

    2 h 31 min. (France). Comédie dramatique et musique.

    Film de Cameron Crowe avec Billy Crudup, Frances McDormand, Kate Hudson

    Le 17/10 en Blu-Ray sur la TV

    Considéré comme le grand film de la carrière de Cameron Crowe, presque célèbre est un grand film nostalgique qui n’hésite pas à pointer du doigt les dérives des années 70 et le début du déclin de la scène Rock aux Etats-Unis. Le film réussi le pari unique de faire un film flamboyant mais pourtant crépusculaire sur une période dorée qui va bientôt prendre fin. Si je regrette une mise en scène qui manque de fulgurance, il est impossible de nier que le montage est aux petits oignons et que les acteurs sont excellents. Même l’assez mauvais Billy Crudup n’a jamais été autant charismatique qu’ici. Les personnages sont attachants, le film mêle mélancolie, scène de concert et humour avec finesse et malgré les 2h40 de la version longue, le film passe en un éclair. Un beau film.
  • 23
    Bande-annonce

    Les Choses qu’on dit, les choses qu’on fait (2020)

    2 h 02 min. (France). Drame et romance.

    Film de Emmanuel Mouret avec Camélia Jordana, Niels Schneider, Vincent Macaigne

    Le 14/03 sur Ciné + sur la TV


    Emmanuel Mouret davantage habitué aux comédies proche du Vaudeville fait ici évoluer sa formule et lorgne davantage vers le cinéma d’Eric Rohmer. Alors d’entrée, le film ne plaira pas à tout le monde car on suit des personnages un peu bobo qui trompe allégrement leurs conjoints avec d’autres et si on l’additionne à un style « Rohmer » c’est-à-dire des dialogues splendides mais justement très dialogués et que le jeu des comédiens est très particulier (là encore comme chez Rohmer) on a un film qui peut facilement irriter. Reste que si on accepte le postulat, on a une comédie dramatique finement écrite, avec un casting très convaincant. Le long métrage est souvent drôle et qui parle bien des affres et des incertitudes des sentiments amoureux. La mise en scène de Mouret est simple mais toujours à propos et son tempo comique fonctionne extrêmement bien. Et enfin chose vraiment intéressant qui montre que Mouret gagne en galon, le comique fait enfin place par moment a de vrai moment des émotions en témoigne cette très belle scène dans une gare bien accompagné par l’Adagio de Samuel Barber. Un beau film même si il n’est pas simple de rentrer dedans.
  • 24

    Night on Earth (1991)

    2 h 03 min. (France). Comédie, drame et sketches.

    Film de Jim Jarmusch avec Gena Rowlands, Winona Ryder, Giancarlo Esposito

    Le 01/06 sur Prime vidéo sur la TV

    J’ai un profond respect pour le travail de Jim Jarmusch. Le réalisateur underground signe ici un très beau film à sketch qui réussit l’exploit d’avoir 5 histoires plutôt équilibré que ce soit dans la durée du sketch ou dans la qualité de celui-ci. Ils ont tous un quelque chose d’intéressant que ce soit dans leurs constructions, dans leurs tempos comiques ou dans la mélancolie. La mise en scène sobre mais toujours juste de Jarmusch fait mouche et les dialogues sont un délice. La photographie est magnifique et le casting international composé de star à en devenir (Winona Ryder, Béatrice Dalle, Roberto Benigni …) Alors oui c’est un film à sketch est l’ensemble n’est donc pas parfait certains segments étant un peu au-dessus de d’autres. En revanche, Jarmusch parvient parfaitement à synthétiser des moments de vie à un instant T où s’entrecroise la joie, les coups du destin et la mélancolie et ceux peu importe le lieu ou la temporalité. Un très beau film.
  • 25
    Bande-annonce

    Mind Game (2004)

    Maindo gêmu

    1 h 43 min. (Japon). Animation, aventure, comédie et fantastique.

    Long-métrage d'animation de Masaaki Yuasa et Koji Morimoto avec Kôji Imada, Sayaka Maeda, Takashi Fujii

    Le 02/04 sur Ciné + sur la TV

    Quand on compare Mind game au dernier long métrage du réalisateur à savoir ride your wave, on se demande si c’est bien le même réalisateur qui est au commande. Le premier long métrage animé de Masaaki Yuasa est un trip sous LSD d’une heure quarante absolument jubilatoire. La folie est partout et contamine chaque image d’une animation qui a une idée dingue par plan. La puissance de Mind game c’est que sa forme très particulière et son montage complétement saccadé n’entache pas le fond du film. En effet, Mind game derrière ce film sans queue ni tête, se cache un beau message sur la création (le personnage principal est mangaka) et sur le fait de prendre la vie comme un jeu et d’avancer pour aller de l’avant pour ne rien regretter. En ce sens l’effet de « jubilation » que provoque le film d’animation est en adéquation avec cette volonté de toujours aller de l’avant. Un message qui est même parfois présent texto dans le film comme ce plan subliminal d’un homme regardant un SMS avec comme message « Your life is the result of your own décision ». Alors oui le film va très vite, oui le fil conducteur hors thématique est très difficile, voire impossible à suivre au premier visionnage et oui le film pousse l’animation tellement loin dans ses retranchements qu’on termine le film épuisé. Reste que c’est un grand shoote d’adrénaline de 1h40 et ça n’a pas de prix.
  • 26
    Bande-annonce

    Maquia (2018)

    Sayonara no Asa ni Yakusoku no Hana wo Kazarou

    1 h 55 min. (Japon). Animation, drame et fantasy.

    Long-métrage d'animation de Mari Okada avec Manaka Iwami, Miyu Irino, Yōko Hikasa

    Le 07/06 sur Ciné + sur la TV

    Maquia a d’innombrables défauts. Il est très larmoyant et crit assez souvent au spectateur qu’il faut chialer. Il a un univers fascinant mais à peine exploité et il pompe allégrement sur quelques modèles notamment la série de jeu Final Fantasy que ce soit dans son univers graphique ou dans certaines scènes. Reste que non seulement c’est une éclatante réussite mais qu’en plus il m’a laissé avec une boule à la gorge. Déjà graphiquement oui ça ressemble à Final Fantasy mais comme son modèle c’est somptueux pour la rétine. Ensuite son univers si il n’est pas totalement exploité est d’une richesse vraiment dingue. Enfin et c’est le plus important, son scénario est splendide. Non seulement le film d’animation parvient à créer l’une des plus belles relations Mère-fils que j’ai pu voir au cinéma, mais en plus il parvient à le faire sur 20 ans et il parvient à le coupler avec d’autres thématiques. En effet, si le film parle avant tout de l’amour et de la souffrance que peut ressentir une mère pour son enfant, Maquia parvient également à recentrer l’humain au cœur d’un récit fantastique ou ce dernier est justement mis à mal. Maquia parle en effet d’un monde qui change d’ère où l’humain reprends sa place et où les « créatures magiques » sont sur le déclin et disparaissent. En ce sens ce plan bouleversant de l’un des derniers êtres « immortels » qui se meurent à côté du dernier dragon encore en vie prouve que pour attacher le spectateur a une œuvre de fantasy, c’est avant tout le côté humain qui prime et que c’est par le prisme de l’humanisme qu’une société avance. Un film plein de défauts, mais bouleversant et fait avec les tripes et d’une humanité rare.
  • 27

    Assaut (2021)

    Shturm

    1 h 31 min. (France). Thriller et comédie dramatique.

    Film de Adilkhan Yerzhanov avec Azamat Nigmanov, Aleksandra Revenko, Nurbek Mukushev

    Le 15/09 étrange festival

    Si Yerzhanov a toujours caché derrière la comédie une noirceur parfois insoupçonné d’un monde en proie à la violence, Assault est peut-être le film le plus désespéré de son metteur en scène avec a dark dark man. Ainsi la scène d’ouverture qui montre que le mal côtoie et s’attaque au plus faible (ici des enfants) et le plan de fin qui montre que non seulement le mal ne peut être détruit mais qu’il contamine les plus innocents fait froid dans le dos surtout que la mise en scène impressionne alors qu’elle est en plan fixe. Sinon on est dans un film de Yerzhanov c’est-à-dire un film décalé avec une police inefficace et des adultes qui ont un comportement enfantin certainement pour ne pas affronter la noirceur du quotidien. On peut aussi constater que là encore, les personnages féminins sont bien mis en avant et sont bien plus dégourdis que les hommes. En termes de mise en scène, Yerzhanov arrive là encore à magnifier son pays avec des paysages de toutes beautés et il arrive à trouver dans son final un équilibre jamais atteint dans son cinéma entre comédie et violence notamment dans la scène de l’assaut qui réussit l’exploit d’arracher au public un rire d’effroi. Une prouesse. Alors oui, le film n’est pas parfait et les défauts de rythme sont assez présents. Reste qu’assaut reste le film le plus désespéré de son auteur qui montre que ceux qui trime face aux inactions du gouvernement (sécurité, écologique…) c’est avant tout la jeunesse. Le plus grand film de son réalisateur avec Yellow cat.
  • 28
    Bande-annonce

    Blissfully Yours (2002)

    Sud sanaeha

    2 h 05 min. (France). Drame et romance.

    Film de Apichatpong Weerasethakul avec Kanokporn Tongaram, Min Oo, Jenjira Pongpas

    Le 23/08 sur Mubi sur la TV

    J’avais pu lire que certaines personnes étaient assez déçu de la première partie du film (celle qui arrive avant le générique) car elle était bien moins intéressante que le reste du long métrage. C’est en réalité tout à fait normal car le réalisateur a toujours opposé la liberté qu’apporte la nature et les tracas du quotidien et l’étouffement de la ville. Cette première partie en ville qui montre des dialogues interminables et peu intéressants et qui montre les problèmes que rencontre les personnages dans leurs vies va justement renforcer l’impact d’une seconde partie où ils s’évadent le temps d’un après-midi dans la nature. Car blissfully hours n’est que cela à savoir admirer un instant de libération et de tranquillité où l’on oublie ses problèmes. Apichatpong Weerasethakul pour filmer la nature et certaines scènes sont d’une puissance incommensurable comme celle de l’arrivée en haut d’une petite montagne. Comme dans les autres films que j’ai vu du réalisateur (Memoria et Tropical Malady) le travail du son sur la nature est immense et l’immersion est réellement présente. Que dire de cette dernière partie muette et qui est donc l’inverse de cette première partie bavarde ? Une fin où l’on ressent plus que jamais la chaleur de l’été mais aussi qui nous montre la fin de cette parenthèse enchantée. En effet, la parenthèse enchantée va s’arrêter et le retour vers la morosité du quotidien. Un film exigeant, qui n’évite pas les phases de flottement mais qui reste fascinant de bout en bout.
  • 29
    Bande-annonce

    Down by Law - Sous le coup de la loi (1986)

    Down by Law

    1 h 46 min. (France). Comédie, policier, drame et film noir.

    Film de Jim Jarmusch avec Tom Waits, John Lurie, Roberto Benigni

    Le 05/03 sur Prime Vidéo sur la TV


    D’habitude pas fan de la première partie de carrière de Jim Jarmusch, je suis ici particulièrement séduit par la proposition du réalisateur. Derrière une construction scénaristique très simple en trois actes (vie des protagonistes avant l’arrestation, la prison et les jours suivants l’évasion) Jim Jarmusch offre au spectateur un très beau film sur l’amitié et sur l’opportunité d’un nouveau départ dans un monde à la dérive. En ce sens il suffit de voir le travail formidable du réalisateur pour filmer une ville qui semble emprisonner les personnages et les grands espaces ouvert qu’il filme après leur évasion. En ce sens la dichotomie de la nuit lors de la première partie du récit et le jour éclatant dans les bayous lors de la troisième partie parachève de démontrer que leur vie passé n’était qu’une éternelle condamnation avant l’heure et que leur évasion n’était que l’aube vers un nouveau départ lumineux. Ajouter à cela une photo magnifique, des comédiens à gueule talentueux (avec un lumineux et hilarant Robert Benigni) et une poignée de scène désopilante (le fameux i scream you scream we all scream for ice cream) ou touchante (cette danse maladroite dans un salon) et on a un film vraiment réussi. Alors certes, le film a un peu de mal à démarrer et il m’a un peu moins touché que d’autres films du réalisateur (Broken Flowers, Only lovers left alive et surtout l’immense et tant sous-estimé Paterson) mais down by law est encore une preuve de l’immense talent de l’iconoclaste Jim Jarmusch.
  • 30
    Bande-annonce

    Lou et l'Île aux sirènes (2017)

    Yoake Tsugeru Lu no Uta

    1 h 52 min. (France). Drame, fantastique et animation.

    Long-métrage d'animation de Masaaki Yuasa avec Kanon Tani, Shôta Shimoda, Minako Kotobuki

    Le 09/03 sur France TV replay sur la TV

    Surtout connu pour des films d’animation très créatifs et proche de l’expérimental avec Mind Game et The night is short, walk on girl Lou et l’île aux sirènes de Masaaki Yuasa semble un peu plus traditionnel. Si le film est très proche de l’univers d’un Miyasaki par moment (l’ombre de Ponyo sur la falaise plane et ce grand requin évoque presque Totoro), le film se montre très créatif visuellement et nerveux. Le style de l’ensemble et assez unique en son genre et le film traite très bien de l’exploitation des ressources dans tous les sens du terme et évoque aussi le respect que l’on doit porter à la nature si elle veut nous protéger en retour. De beaux messages pour les enfants et qui ravira même les adultes tant le film et un petit bonbon coloré absolument adorable. Cr2atif, drôle et même touchant un beau film.