Risen
Risen

Film de Neil Jones (2) (2010)

La fin du film ressemble à un mauvais sitcom. Le choc est si rude qu'il nous fait oublier la qualité

La boxe anglaise a parfois une mauvaise image auprès du grand public à cause de certains films que ne traitent de ce sport que sous son aspect ultra violent. Suivez mon regard vers la saga interminable Rocky qui n'a pas d'autres buts que de montrer la rage et la résistance d'un homme qui boxe au péril de sa vie. Heureusement, quelques autres films font davantage honneur à ce sport tel que Million Dollar Baby de Clint Eastwood. Où se situe Risen parmi ces films de boxe de qualité inégale?

Les premières impressions sont plutôt excellentes. Le film se situe dans les années 60 et offre un regard intéressant sur la boxe. La violence n'est pas exacerbée ; à vrai dire les scènes de combat sont plutôt courtes. Le film privilégie les scènes d'entrainements durant lesquels les conseils sont prodigués. Gros plans sur les gestes ou le jeu de jambes qui semblent sublimer la violence en une chorégraphie élégante et légère. Le geste du boxeur est parfait ; propre. Chaque mouvement nous fascine. Risen nous dévoile que la boxe est avant tout affaire de techniques et de minutie. Une danse. Risen ne le répétera pas assez.

Risen transforme la boxe et nous l'expose comme une œuvre d'art en mouvement. Les combats sont abandonnés sur ce ring placé dans le néant. Les boxeurs semblent s'affronter dans l'obscurité ; seuls les adversaires existent. Le temps se tord: il se ralentit dans un premier temps puis s'arrête. Le monde n'existe plus au delà de ce ring. Peut-on dire que ce qui existe au delà des cordes ne pourra jamais comprendre ce que c'est que d'être boxeur? Peut-être. Les deux mondes sont clairement identifiés à l'image du héros, Howard Winstone, et de sa femme, totalement délaissée. L'ambition de l'homme le rend aveugle à l'attention nécessaire pour une femme. Le couple se brise emportant une partie du boxeur.

C'est à ce moment précis que le film dérape. Lui qui était si minutieusement mis en scène, qui trouvait le ton jute, déçoit très violemment. Si Risen sait intelligemment montrer la boxe, il ne sait pas traiter des sentiments. La fin du film ressemble à un mauvais sitcom. Le choc est si rude qu'il nous fait oublier la qualité du début. Le New Jersey Film Festival compare Risen au Raging Bull de Martin Scorsese. Sans ce malheureux dérapage, peut-être que la comparaison aurait été justifié. Mais le film s'effondre sur lui-même. Notez que Brennan Stuart (Howards Winstone) est aussi le scénariste et le producteur de Risen... Cela ne vous évoque rien ?
LeBlogDuCinéma
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le 23 oct. 2011

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