C'est dommage parce qu'il y avait plusieurs éléments enthousiasmants dans ce film...
Le pitch, le casting (Nicholson, C. Reilly, Guzman, Turturro, Harrelson, Tomei, citons également Sandler tant qu'a faire...), les possibilités thématiques et situationnelles etc...
Mais ce film semble avoir été écrit en alternance, par un bon et un mauvais scénariste, et réalisé par un mauvais réalisateur.


Parlons casting.
Pour commencer, Jacky. Heureusement que Mr Nicholson est présent dans ce film. Sans lui, aucun intérêt. Sans cet horrible, radieux, perturbant et vicieux sourire, pas de film. Et même s'il ne fait que le minimum, c'est suffisant. Quant à son personnage, il est, jusqu'à la fin du film, très complexe. Entre empathie et égoïsme, compréhension et intolérance, entre confidence et trahison... Il est sans cesse contradictoire et on ne sait jamais vraiment ou l'attendre. SAUF QUE, les scénaristes ont eu la brillante idée de n'en faire, après dénouement (dont on parlera plus bas), qu'un simple comédien. Un simple manipulateur. Il ya ce moment ""SPOIL"" ou il annonce à Sandler qu'il s'en va avec sa copine, alors que jusque là il lui faisait croire qu'il l'aidait à la reconquérir. A ce moment je me suis dit que c'était fort, que c'était un vrai choix scénaristique de partir dans ce sens et de transformer cet insupportable mais pertinent allié en antagoniste sûr de lui (face à un protagoniste insecure et effacé). La suite au dénouement.....


Adam Sandler n'avait pas encore développé cet égo qui fait de lui le héros charismatique et génial de tous ses films. Non, dans Anger Management, il est terriblement effacé et inintéressant. Et il aurait pu l'être, intéressant... Beaucoup même... Justement en contrastant ce manque expressif. En se concentrant sur l'explication du Dr (Nicholson) qui lui dit qu'il y a deux types de nerveux : les explosifs (extravagants) et les impulsifs (ceux qui retiennent jusqu'à craquer), on aurait pu développer quelque chose, quelqu'un... On aurait même pu faire basculer la comédie dramatique dans la comédie noire. Mais non... De plus, il fait partie de ces personnages qui évoluent au cours du film mais dont on ne peut apprécier à aucun moment l'évolution...


Marisa Tomeï.......... Elle n'est que l'atout charme du film... Son plus gros skills d'acting consiste a se mordiller les lèvres avec un regard passionné, amoureux, italien quoi.
On apprend à la fin qu'elle est le personnage à l'origine de l'élément déclencheur, tout à fait à l'instar de Sean Penn dans The Game parce que, oui, ce film nous offre un dénouement qui se veut proche de celui de Fincher....


Les autres Turturro, Guzman, Harrelson et C. Reilly sont assez drôles et donc terriblement sous-exploités. Voilà.


Alors parlons un peu du dénouement. et donc de SPOIL


Donc après avoir été trahi par Nicholson et sa copine, Sandler se retrouve seul avec sa colère. PUIS ! Turturro lui annonce que le Dr va demander en marriage Tomeï, en lui piquant son idée de le faire pendant la love cam du stade de baseball.
Donc il court, vole jusqu'au stade et, grace à plusieurs D.E Machina, parvient à investir le pré et à faire une déclaration pleine de bal-bla-bla et de "j'ai changé ! Je ne me laisse plus faire ! Reprend-moi !..." Le tout assaisonné de répliques et situations gênantes et surtout très américaines.


Fin mot de l'histoire : tout était trafiqué. Depuis la première péripétie jusqu'au dénouement. Adam Sandler n'a été acteur d'absolument rien. juste passager de la manipulation orchestrée par Nicholson et sollicitée par Tomeï. On apprend donc que tous les personnages étaient de la partie, y compris la juge... LA JUGE !


Pour conclure, le dénouement n'est pas si mauvais, en soit les deux possibilités auraient été tout à fait acceptables, mais la il est mal amené. Il est mal amené parce qu'on cherche trop à éloigner le spectateur de la piste de la manipulation. Ce qui est plutôt raté...


Pour la pertinence, vous repasserez.

mannycorle
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le 4 janv. 2019

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