C'est plus un préquel qu'une suite en vérité. Un préquel moins intéressant que son prédécesseur.

Avis sur Esther 2 - Les Origines

Avatar FloYuki
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Ma critique vidéo sur Esther 2: Les Origines

C’est en 2009 que le premier opus d’Esther est sorti au cinéma. Le long-métrage avait su se faire assez bien voir de la part de la majorité des personnes qui l’ont vu. L’ayant découvert récemment juste pour ne pas avoir de problème à comprendre cette suite (même si ça s’appelle Les Origines), le film était assez sympathique pour un film d’horreur. 13 ans plus tard, comme pour Avatar, Esther revient pour un nouvel opus se concentrant sur la toute première famille qu’elle a eu avant celle qu’on connaît. Mais est-ce une bonne suite ? En vérité, c’est plutôt un préquel qui pourra plaire à quelques personnes malgré ses nombreux défauts.

Positif

  • Leena Klammer / Esther (Isabelle Fuhrman) est une femme échappée d’un asile psychiatrique qui cherche à fuir et à pouvoir vivre une belle vie en prenant l’identité de la petite Esther disparue. Malgré qu’elle soit folle et qu’on la connaît bien, on comprend qu’elle veuille fuir. Elle a beau être dangereuse pour tous ceux qu’elle croise, elle reste compréhensible dans son envie de fuir l’asile où elle se trouve. Après, vu la tournure des évènements, on est pas forcément attaché à elle mais il est vrai qu’elle est un personnage principal intéressant pour ce long-métrage.
    Tricia Albright (Julia Stiles) est la mère d’Esther et elle tente de comprendre ce qui a pu lui arriver pendant toutes ses années d’absence. Elle a beau agir comme une femme parfaite aux yeux de son mari, rien ne nous dit qu’elle n’a rien à cacher. Elle n’est pas plus attachante que Kate mais elle est surprenante à certains instants.
    Allen Albright (Rossif Sutherland) est un jeune adulte très doué à l'escrime qui passe son temps à profiter de la vie avec ses amis du même âge, notamment avec de l'alcool à l'insu de ses parents. On pourrait le voir comme le même cliché du frère du premier opus mais, finalement, il arrive à se différencier et à se rendre plus utile à l'histoire, LUI.
    Gunnar Albright (Matthew Finlan) est un adolescent champion d’escrime qui passe son temps à trop boire et fumer avec ses potes. Au début, on pourrait croire qu’il va être le cliché du grand frère détestable qui n’accepte pas sa sœur (chose déjà-vue dans le premier) mais pas totalement. Ils arrivent à rendre le personnage un peu plus utile lorsqu’on apprend certaines choses à son sujet. Donc oui, ça rattrape un petit peu.
    L’inspecteur Donnan (Hiro Kanagawa) est l’inspecteur qui était chargé de retrouver Esther depuis deux ans. Aujourd’hui, malgré qu’elle soit revenue, il se méfie d’elle et cherche à comprendre si c’est réellement Esther qui est bien là. Soyons honnêtes, c’est le seul flic intelligent de ce long-métrage, et même si il n’est pas très utile, au moins il fait bien son boulot.

  • La seule évolution qu’on suit réellement ici c’est celle d’Esther mais on a aussi l’évolution de la situation qui est intéressante. Même si Esther ne change pas beaucoup par rapport à ce qu’elle est au début du long-métrage, on a au moins une évolution intéressante pour nous faire comprendre pourquoi elle a cette idée obsessionnelle de vouloir se faire aimer du père (tout comme elle essaye dans le premier mais d’une autre façon justifiée avec ce nouveau long-métrage).

  • On pensait que ce long-métrage serait totalement prévisible, mais non. Il y a des moments où ce long-métrage réussit à nous surprendre, sur la véritable Esther ou les secrets de certains membres de la famille. C’est un détail mais, honnêtement, ce sont des éléments d’inattendu qui marchent et qui permettent au long-métrage de se démarquer un peu de son opus précédent.

  • Le long-métrage démarre à l’institut Saarne, un lieu qu’on découvre du point de vue d’un professeur d’arts venu enseigner dans cet institut. C’est également de son point de vue qu’on fait la connaissance de Leena. C’est une introduction intéressante qui nous donne envie d’en savoir plus sur la manière dont elle va s’échapper et qui seront ses prochaines victimes.

  • Après avoir fui l’hôpital psychiatrique où elle se trouvait, Leena tente de se refaire une nouvelle vie en se faisant passer pour la fille disparue de la famille Albright, Esther. Seront-ils les prochaines victimes de Leena ? C’est une histoire assez simple mais avec de l’intérêt sur ce qui pourrait se passer.

  • Les costumes sont un détail mais ils sont toujours aussi efficaces, notamment Esther avec son style qui diffère de ceux des autres personnes autour d’elle. Même le fait de lui faire porter une robe rose pour essayer de l’intégrer raconte quelque chose dans le fait que ça ne lui va pas.

  • Il y a des éléments de symbolisme assez intéressants comme la peinture qu’on ne voit qu’avec des lampes UV (la face cachée des choses), Allen pour Esther (qui a espoir de se faire accepter telle qu’elle est)… Bref, il y a réellement des éléments de symbolisme qui fonctionnent ici.

  • Le jeu d’acteur est plutôt bon. Ce n’est pas un excellent jeu de la part de tous les acteurs et actrices mais on sent qu’ils s’investissent dans leurs rôles. Surtout Isabelle Fuhrman qui est toujours aussi bonne en tueuse qui se fait passer pour une enfant.

  • Question mise en scène, rien de réellement exceptionnel et avec moins de maîtrise que le premier opus. Cependant, c’est tout de même une mise en scène qui sait apporter quelques idées pour se faire comprendre auprès des spectateurs.

  • La fin est un peu facile mais c’est une fin avec un clin d’œil qui fonctionne et qui nous rappelle ce que Kate et sa famille vont subir en sa compagnie. Donc oui, on peut dire que ce long-métrage conclut le long-métrage d’une bonne manière.

  • En dehors d’une ou deux musiques, la majorité des musiques de ce long-métrage s’en sortent bien. On a le droit à des thèmes bien travaillés qui racontent bien ce qui se passe à l’image.

  • Les décors sont plutôt corrects. On arrive à être convaincus des décors sans difficulté. Ils ne sont pas exceptionnels mais ils sont assez sympas à regarder quand on y fait attention.

Négatif

  • C’est un petit peu dommage d’avoir repris le même cliché du père. Autant la mère et le fils arrivent un peu à nous surprendre (alors qu’ils étaient bien partis pour être comme ceux du premier film) mais lui, il est pareil. C’est un père qui adore sa fille et qui est aveuglée par tout ce que sa femme pourrait lui dire parce qu’il l’aime plus que tout. Certes, c’est un détail mais c’est dommage que le personnage ne soit pas un peu plus démarqué que ça (malgré qu’il soit attachant).

  • Pourquoi appeler ce long-métrage Esther 2: Les Origines ? Le principe d’une suite est de se passer après le premier opus mais, vu ce qui arrive à Esther à la fin de celui-ci, il était évident qu’une suite était impossible. Donc, retourner dans le passé pour développer le personnage, pourquoi pas, mais pourquoi il y a un 2 dans le titre alors ? Si ça se passe avant le premier opus, vous enlevez juste le 2 du titre, et c’est réglé.

  • Vous voyez la scène avec la policière qui rattrape la voiture et trouve Esther ? A aucun moment, elle ne s’est posé la question de savoir comment une gamine (même si elle n’en est pas une) pouvait conduire sans souci, porter du rouge à lèvres et qu’il n’y avait personne dans la voiture avec elle ? Sincèrement, rares (voir inexistants) sont les chances d’avoir un enfant de 8-9 ans aussi doué à la conduite.

  • La tension ne fonctionne absolument pas. Au début, on pourrait croire à une certaine tension mais, passé un certain moment important du long-métrage, la tension ne fonctionne plus du tout pour n’importe quel personnage (à part le père mais c’est lui qui a le moins de tension). Donc non, la tension n’est pas très réussie dans ce long-métrage.

  • Est-ce qu’on voit venir qu’Esther va bien s’en sortir avec cette famille et qu’elle va réussir à tous les tuer ? Évidemment ! Si vous avez vu le 1 (ce qui sera le cas de la majorité des personnes qui iront voir cette « suite »), vous savez déjà comment ça va se terminer pour Esther et sa nouvelle famille.

  • Revenons sur la scène de la compétition d’escrime. On nous met une musique qui semble assez hors-sujet ainsi que des ralentis dispensables lorsqu’on arrive dans la scène, pourquoi ? Ce choix de mise en scène et de musique n’étaient pas forcément l’idéal pour cette scène.

  • La photographie est dégoûtante. Sur certains plans, on a la lumière qui donne un effet de flou très moche, qu’est ce que c’est que cette photographie ? D’accord qu’Esther vit un peu dans le passé mais ce n’est pas une excuse pour avoir une photographie aussi ratée.

  • Est-ce que les scènes d’émotion arrivent à être touchantes ? Aucunement. C’est un détail bien sûr mais on aurait pu avoir un peu d’émotion pour certains personnages. Même le père n’arrive pas à faire ressentir de l’émotion malgré son attachement.

  • Encore une fois, l’horreur n’est pas très efficace. On a des scènes qui essayent de nous apporter un peu de frayeur mais ça ne fonctionne pas. Malgré quelques idées de mise en scène, on ne peut pas dire que l’horreur est réellement de qualité ici.

  • Pourquoi une shaky-cam quand Esther se fait tenir par sa mère après avoir tenté de faire un accident ? D’accord que c’est pour essayer de nous faire comprendre qu’elle est en danger de mort avec eux mais ça ne fonctionne pas pour autant.

!!! PARTIE SPOIL !!!

A un moment, on apprend que la véritable Esther n’a pas réellement disparu mais qu’elle s’est fait tuer par son grand frère qui est allé trop loin et que sa mère le couvre depuis très longtemps. Ca, c’est sûrement le point le plus inattendu du long-métrage. Là où on s’attendait plus à ce que ce nouveau film recopie un peu le précédent opus dans le schéma narratif, avec cette scène, on change un peu les choses et on ajoute une tension mortelle pour Esther. Parce que oui, en voyant le véritable visage de ces deux là, le long-métrage essaye de nous faire passer du coté d’Esther, et il y arrive (même si on sait qu’elle ne va pas mourir). Quant à l’incendie, ce n’était pas un incendie volontaire mais un incendie accidentelle qui a été provoqué pendant l’affrontement entre Esther et Tricia. Surtout que Gunnar est réellement mort par accident en glissant du toit, là où Gunnar a été brutalement poignardé à plusieurs reprises et que Tricia a lâché prise et est tombée du toit.

La fuite d’Esther commence par une certaine séduction qu’elle fait à Dimitri le gardien. Pourquoi pas mais Dimitri est amoureux d’elle parce qu’il l’accepte telle qu’elle est ou est-ce qu’il a certains penchants spéciaux quand il sait que Leena a l’apparence d’une fille de huit-neuf ans ? Plutôt la deuxième option car, si c’était la première, il serait parti avec elle. Personne ne vous a jamais dis que les patients de ce genre d’asile ne sont pas forcément les plus malaisants ? Surtout dans un film d’horreur.

A travers ce long-métrage, ils ont apporté quelques petites justifications sur certains points du précédent opus. Comme la manière dont elle a découvert la peinture qui ne se voit qu’avec les UV.

Au final, ce film d’horreur n’atteint pas le niveau du premier opus mais il pourra être un préquel qui saura plaire à certains, surtout à ceux qui ne connaissent pas le premier opus et le personnage d’Esther. La mise en scène a quelques bons moments, les acteurs ne sont pas trop mal, les décors passent et on a un peu d’inattendu qui marche. Après, ça manque de tension, c’est un peu prévisible sur certains points, l’horreur n’est pas géniale et la photographie est moche dans certaines scènes. Donc, à vous de voir si vous souhaitez le voir. Si vous avez apprécié Esther, vous passerez un moins bon moment que devant le précédent opus mais il arrivera quand même à plaire à certains. Et si vous n’avez jamais vu le premier et que ce nouvel opus vous tente, alors il se peut que vous réussissiez à l’apprécier (un peu). Pour ma part, j’avoue que je n’attendais pas spécialement cette suite et que je préfère aller revoir le premier opus à celui-ci. Même si je ne suis pas un énorme fan du premier, il arrivait à mieux gérer certains points par rapport à ce nouveau film.

Encore une fois, c’est un préquel et non une suite !

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