Rust & Gold
6.8
Rust & Gold

Album de Isaac Delusion (2017)

Critique sous forme de vidéo disponible ici : https://youtu.be/USsG8ql3_KU


Le contexte :


Après un premier album éponyme exceptionnel, Isaac Delusion revient avec Rust&Gold dont le pari est de faire au moins aussi bien que son prédécesseur, en tâchant de se renouveler un minimum dans une patte qui reste très propre au groupe. Verdict ?


L'album est enregistré par Alain Wits (L’impératrice, Pépite) qui avait déjà travaillé sur le premier album, et Perceval Carré pour les voix (L’impératrice).


Le mixage a été fait par Antoine Gaillet (M83, AaRON, Julien Doré, Mademoiselle K, Yeti Lane) qui profite déjà d'une belle expérience qualitative.


Quant au mastering, c'était la responsabilité d'Antoine Chabert (Dyonisos, Lilly Wood & The Prick, La Femme).


Beaucoup de beau monde à la production de ce Rust&Gold donc, ce qui montre une certaine volonté du groupe et du label Microqlima Records de mettre toutes les chances de leur côté pour aboutir à un grand album. Et c'est le cas.


Les - :



  • Le côté très produit peut freiner. Certains morceaux peuvent ne pas bien supporter l’épreuve du temps et c'est notamment le cas du morceau "Distance" qui nous offre des sonorités un poil rébarbative.


  • La voix de tête de Loïc, très propre au groupe (et souvent comparée avec celle d'Antony & The Johnsons), tranche beaucoup. On adore ou on déteste. Mais ça, c'était déjà le cas sur l'opus précédent. Donc ce n'est pas vraiment un point négatif en soit mais je dois bien confesser que je n'en avais pas d'autres à évoquer.



Les + :



  • Une très belle homogénéité sans qu'aucun morceau ne se ressemble


  • Extrêmement intelligent dans sa construction


  • Toujours ce côté flottant mais beaucoup plus joyeux et pop que le précédent


  • On retrouve ces références psyché & progressif du premier album mais avec un contraste hip-hop qui se sent fort


  • L'exercice du morceau en français « Cajun » franchement réussi. Le premier du groupe qui plus est.


  • Un premier single ("Isabella") avec un vrai thème fort sur les standards de beauté


  • Le très très bon "Sinner", pleine de rage tout en étant très pop. De quoi être charmé.


  • "Voyager" aborde le voyage avec des flûtes péruviennes pour nous parler de l’espace. Les paroles ont un côté "Space Oddity" de Bowie qui nous ferait presque penser à un hommage.


  • "Take the Crown" et sa rythmique hip-hop. Un titre planant avec un pont final jouissif.


  • Un duo "Take the Crown"/"A Few Steps" qui vous assurera un trip sans l'usage d'aucune substance.


  • Arrive à rester très propre et épuré malgré une production électronique très présente.


  • Une conclusion absolument magnifique sur "Mother Shelter" avec la voix de baryton assumée de Loïc Fleury, qui ne chante donc pas en voix de tête sur ce titre. Une première pour le groupe.



Conclusion :


Il est parfois des groupes qui vous séduisent à la première note et qui vous embarquent avec succès dans leur univers à tous les coups. Des groupes dont on a de cesse de parler autour de nous pour les promouvoir avec la frustration de ne pas les voir atteindre les sommets qu'ils méritent. Mais par dessus tout des groupes qui vous font ressentir des émotions que vous ne ressentez nulle part ailleurs. Isaac Delusion est l'un de ces groupes et Rust&Gold frôle la perfection techniquement ET artistiquement, c'est un fait. A bon entendeur.


Publié sur Albumrock.net

MélomanDiscovery
9

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Créée

le 24 févr. 2018

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