Que la poésie soit aussi naturelle à ceux qui m’entourent que l’émotion qui jaillissait cette nuit.

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Comment écrire sur Cécile Coulon ? La première fois que j’entends parler d’elle, c’est Anouk qui prononce son nom. Anouk c’est l’amie de la découverte du cinéma. J’ai une confiance aveugle en son jugement. Bon, c’est peut-être un peu excessif car parfois nous ne sommes pas d’accord. Or, ce jour- là, elle parle comme ça : « je pense que ça va te plaire ». Je sais qu’elle a pensé à moi pour les bonnes raisons. Tant pis pour sa période Elvis Presley au lycée. On en rigole aujourd’hui. Ou encore l’anthologie de 12h des Beatles qu’elle a voulu regarder pour un nouvel an. J’aime aussi quand elle n’est pas de mon côté. C’est avec une belle tendresse. Mais tout ça, peut-être, n’a pas d’importance.
Ou bien est-ce capital.

L’autrice commence son recueil Les Ronces avec un poème sur les frites. Ça, c’est important. Il est autant question de frites que de rencontre. De solitude aussi. Il y a toute l’écriture de Cécile Coulon dans ce poème. Oui, Cécile Coulon est une poétesse moderne de 32 ans. Une petite perle rare échouée dans notre monde cruel.

Cécile Coulon est tour à tour déchirante et drôle. L’écrivaine aime éperdument. Elle en est détruire. Elle écrit pour se reconstruire. Mais la poétesse sait aussi être triviale. Le recueil commence ainsi : « Ça a commencé à cette heure si particulière du soir, / où la fin du jour bouscule le début d’un autre ; / je suis sortie sous la pluie, j’avais faim ». Le cadre est posé. Ici la vie domine. Pas des choses éternelles couchées sous une plume froide. Il y a un cœur qui bat à chaque ligne. Un corps qui vibre. Elle conclue ce poème par des mots magnifiques qui résument à eux seuls son travail de fée littéraire. « Je voudrais que la poésie soit aussi naturelle à ceux/ qui m’entourent que l’émotion / qui jaillissait cette nuit-là, devant cette place/ avec cette facilité improbable des moments qui n’auraient pas dû être, / qui furent tout de même, mal fichus, débordants de grâce / et de paroles impossibles ».

Avec cette autrice boulimique de récits, d’œuvres(essais, roman, poèmes, publications pertinentes, hilarantes et quotidiennes sur les réseaux sociaux), la parole devient possible. Mieux, elle devient essentielle, juste et elle guérit. Le meilleur remède, c’est d’écrire et de se plonger dans Les Ronces. Celles-ci n’arracheront pas vos vêtements, ne grifferont pas vos mollets. Non, elles vous raccrocheront à l’essentiel, à la beauté de ce monde.
Nous l’avions oubliée, Cécile Coulon la fait renaître à chaque phrase.

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