Alias
6
Alias

Série ABC (2001)

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Avant toute chose : cette série, c'est vraiment n'importe quoi.


Sydney Bristow est une étudiante d'environ 18-35 ans (difficile à dire) qui a été recrutée sur son campus en pleine pause Kitkat par une agence anti-terroriste soi-disant liée à la CIA. À travers les différentes missions qui lui sont confiées, elle va, au détour de différentes rencontres et découvertes, aller de désillusion en désillusion sur tout l'univers qui l'entourait jusqu'alors et qui s'écroule petit à petit.


[spoilers] Tout débute lorsqu'elle révèle à son fiancé qu'elle travaille pour la CIA, et que ce dernier se fait étriper dans sa baignoire le lendemain parce que la règle n°1 dans cette unité spéciale, c'est que quand on parle de son job à ses amis, ils doivent mourir ensuite. Sans plus s'étonner de cette sanction un peu radicale, elle continue à bosser pour eux. La rejoindront au fil des saisons : son père, sa mère, son futur-ex-veuf, sa demi-sœur, son beau-père, une vieille tante russe, la femme de son ex, le fantôme de sa demi-sœur (morte entretemps, vous suivez ?), une blonde, une française, etc, pour la plus grande joie des amateurs de tragédies grecques et de psychologie de comptoir ("je tue ma mère, je cherche la reconnaissance de mon père, je tue le sosie de ma meilleure amie...").


Ne reculant jamais devant le ridicule, Sydney coiffe les perruques les plus extravagantes et enfile une de ses 12.500 tenues (le budget "équipement/camouflage" du SD6 est hallucinant) pour se faire passer tour-à-tour pour une chercheuse russe, une geisha, une touriste hollandaise... Elle parle couramment 328 langues (mais avec un accent américain pourri, on peut pas tout avoir) et connaît les plans de plus de 52.000 villes du monde jusqu'au moindre cul-de-sac. Elle peut rester 25 minutes en apnée, résoudre des équations à 76 inconnues tout en décryptant une tablette cunéiforme et en préparant un pot-au-feu végétarien.


Dès qu'elle arrive en France, une camionnette Citroën apparaît dans les environs tandis qu'un poncho en nylon multicolore se matérialise automatiquement sur ses épaules dès qu'elle franchit la frontière mexicaine.


On l'aura compris, la série accumule les clichés et rien n'est fait pour donner à l'ensemble un aspect réaliste, que ce soit les plans larges d'une ville où les personnages arrivent, ou les horribles passages en langues étrangères. Le personnage de Sydney, que toutes les invraisemblances rendent paradoxalement plus complexe, reste finalement le seul élément un tant soit peu crédible dans ce vortex kitsch. Ce qui donne, ma foi, un côté très sympathique à cette série qui ne recule devant aucune contradiction, aucun coup de théatre tordu ou aucune pichenette scénaristique pour faire revenir certains acteurs (entre les clones et les morts-pas-vraiment-décédés...). La série s'essouffle rapidement, aucune saison n'éclipse vraiment les autres car elles contiennent toutes leurs longueurs ou leurs moments de bravoure. Certains épisodes nous tiennent en haleine jusqu'au bout, on reconnaît le goût et le talent de JJ Abrahms pour les "cliffhangers" dès les premiers. On remerciera les auteurs d'avoir tenté de donner une véritable fin à la série, même si on sent qu'ils étaient pressés d'en finir (eux ou d'autres).

innerwatch
7
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le 20 févr. 2011

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6 j'aime

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