Un sombre futur...

Avis sur Vesper Chronicles

Avatar Borboroth
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Dès les premières images de la bande annonce j’ai senti une attraction très forte vers ce film, il m’offrait quelque chose que je n’avais pas ressenti depuis un bon moment, la promesse d’une belle expérience, d’une œuvre qui sort de l’ordinaire, une oasis au milieu de ce désert de médiocrité cinématographique des dernières années. Un résultat en demi-teinte au final entre la satisfaction d’un film qui se démarque malgré tout, mais qui manque un peu de consistance pour en faire un vrai coup de cœur.

Dans un futur plus ou moins lointain, les abus des humains ont fini par détruire la plupart de la végétation et de la faune. Pour s’adapter, les plantes ont mutés (et parfois on les a un peu aidés) et pour survivre « l’élite » s’est retranché dans des citées appelées Citadelles dans lesquelles sont gardées précieusement les semences des dernières plantes pouvant nourrir la population. Ces semences ont été rendues fertiles (elles produisent leurs fruits, mais les graines de ces fruits ne poussent plus) et sont vendues à prix d’or à ceux qui survivent en dehors des citadelles. Mais dans ce cauchemar de boue et d’insalubrité, un raie d’espoir apparait quand la jeune Vesper est sur le point de trouver la solution pour rendre à nouveau fertile ces semences.

Le rendu de l’œuvre n’est malheureusement pas à la hauteur de son ambition. Le visuel reste particulièrement beau et bien travaillé, mais les plans larges sont limités au maximum pour nous donner des images rapprochées de décors de forêt ou de marécage parfois très « studio » qui contraste avec d’autres images plutôt grandioses et c’est assez dommage, on perd un peu la magie du moment. Il n’en reste pas moins qu’il nous est offert un bel « herbier » avec un panel de plantes qui réagissent à la présence humaine ou à leur environnement, de beaux spécimens de plantes actives avec quelques bonnes idées et pour le coup visuellement bluffant. C’est là où on trouve vraiment cette magie à laquelle je faisais référence plus tôt et il est assez dommage que cette sensation soit aussi irrégulière tout au long du film.

En terme de casting, pas de fausse note, les actrices et acteurs tiennent leurs rôles et restent crédibles sur l’ensemble du film. Rafiella Chapman retranscrit bien le côté curieux et aventurier de Vesper, et aussi sa grande sensibilité qui lui confère un attachement à tout être vivant. On sent bien son amour des plantes et son envie de les comprendre et de les faire évoluer, mais aussi ses liens très fort avec son père qui est la seule famille qu’il lui reste. Elle tisse également très vite des liens avec Camellia (Rosy McEwen), première figure féminine avec qui elle a une relation depuis le départ de sa mère et on sent qu’elle essaie de combler ce vide avec elle. Et ce lien se connecte assez vite dans l’autre sens également. Derrière la froideur apparente du personnage (peau très blanche, cheveux blonds presque blancs) l’actrice arrive à lui donner finalement une chaleur qui va permettre à Vesper d’avancer dans sa quête et le soutien dont elle avait besoin. Bien sûr on retrouve un personnage de « méchant » incarné par Eddie Marsan, l’oncle de Vesper qui n’a qu’un seul but, garder la main mise sur « sa famille » et le semblant de pouvoir qu’il pense avoir. Le personnage peut être assez intimidant, on n’est pas sur la grosse brute clichée pour ce genre de rôle mais quelque chose d’un peu plus subtil, même si cela reste aussi classique, le personnage est plus intéressant de cette manière.

Venons-en où le bât blesse, l’histoire. C’est extrêmement basique, de nombreux thèmes sont effleurés mais rien n’est approfondi et pour ce type de film on s’attend à voir un message émerger mais il ne sort jamais vraiment au-dessus du reste. Il y a bien évidemment un message écologique mais même celui-là n’est pas clair. La végétation a été ravagée par les croisements et mutations génétiques effectuées par les humains pour augmenter les productions et pour sauver tout le monde, l’héroïne fait des recherches et des mutations sur les plantes… du coup c’est bien ou c’est mal ? Chacun a bien entendu son opinion sur la question mais le film de son côté ne prend pas vraiment position. Et avec ça on va retrouver les thématiques des riches qui s’isolent et laisse crever les pauvres dans les marécages, l’impact de la technologie sur la médecine, sur les relations humaines, qu’est-ce que c’est qu’être humain, etc. A mon sens trop de sujets sont abordés sans les creuser, on dirait qu’ils sont là parce que c’est bien de poser ces questions dans un film de SF indépendant mais ça fait juste de la figuration, du bruit dans le fond qu’on perçoit à peine sans vraiment oser les faire passer au-devant de la scène. Au final cela donne une histoire assez fade, on ne s’ennuie pas mais on garde un petit goût d’inachevé quand le générique de fin arrive.

Dans le paysage audiovisuel actuel, j’ai quand même apprécié le film qui sort quand même de l’ordinaire et ça fait du bien de voir que des gens essaient encore de faire ce genre de film. Pour les amateurs de SF (la vraie, pas du Star Wars :D) je conseille quand même le film, un bon moment à passer devant. Sûrement pas le meilleur film de l’année, mais une belle découverte malgré tout.

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