Can I offer an opinion? I really think you people should find a better place to meet.

De Sienne à la Bolivie en passant par Haïti et l'Autriche, James Bond cherche à contrecarrer les plans de Dominic Greene, un magnat de l'écologie au service de la mystérieuse organisation criminelle Quantum, et à venger la mort de Vesper au passage, quitte à désobéir aux ordres du MI6.
Se joindra à lui Camille Montes, une bolivienne qui a un compte personnel à régler avec Medrano, un général qui requiert les "services" de Greene pour rétablir sa dictature.


Casino Royale avait visiblement placé la barre trop haut (et bénéficié de l'effet de surprise, avouons-le). Cette suite directe est un film bien plus court, et loin d'être aussi posé et raffiné que le précédent. Marc Forster a été en quelques sortes pris de "greengrassite" (du nom du réalisateur des deux derniers films de la trilogie Jason Bourne avec Matt Damon) pour les principales scènes d'action, elles sont filmées à la shaky-cam et surcoupées au montage, et ne sont ainsi pas toujours très lisibles. Au moins on ne pourra guère lui en vouloir d'avoir voulu innover, mais il eût mieux valu le faire d'une façon un peu moins rude pour l'identité visuelle de cette franchise qu'il convenait de ménager après un reboot transformé en réussite. Il a cependant fait des choix judicieux de mise en scène et de montage en-dehors des scènes d'action, il faut quand même le mentionner.


Mathieu Amalric, aussi surprenante que soit sa présence au casting, n'était peut-être pas le meilleur choix pour incarner un ennemi bondien, le sien manque peut-être un peu de charisme (son bras droit à moumoute très visible c'est encore pire) mais demeure plutôt imprévisible à en juger par la folie furieuse dont il fait preuve à la fin. Le thème musical du générique est assez peu mémorable et décevant (aucune mélodie marquante), en fait il tombe à plat, si on veut l'écouter à part c'est mieux SANS les voix d'Alicia Keys et de Jack White (choisis quasiment au dernier moment...). Signe des temps, il y a toujours cette infection de placement de produit (et à ceux qui trouvent toujours que ça manque de gadgets improbables, je leur dirais que l'appareil photo du C902 de Bond a une résolution incroyable, de nuit et d'aussi loin, par rapport à ce que c'est dans la réalité...). Le scénario est trop convenu car il a hélas souffert de la grande grève des scénaristes de 2007-2008, Marc Forster et Daniel Craig ont dû le terminer eux-même alors que ce n'est pas leur métier.


Mais, passé un premier choc de cinéma d'action assez déstabilisant (et ils ont encore bousillé une magnifique Aston Martin DBS V12 au passage...), on peut voir que Daniel Craig pète toujours la forme, il est toujours aussi convaincant, tant dans l'action que dans les scènes plus posées, tout comme Giancarlo Giannini (pour la dernière fois hélas, la franchise se débarrasse bien tristement de lui), Jeffrey Wright et l'irremplaçable Judi Dench, jamais inutiles. Et Olga Kurylenko, pourtant très loin de la classe et de la subtilité d'Eva Green, étoffe cependant un peu mieux son rôle qu'à son habitude (et n'a même pas besoin de se dévêtir cette fois). Et Gemma Arterton (bien mignonne au demeurant) ne fait hélas pas long feu mais elle a quand même droit à une belle mort, réminiscente de celle de Jill Masterson (Shirley Eaton) dans Goldfinger.


J'allais oublier de parler du plat de résistance : la scène grandiose au festival d'opéra en plein air de Bregenz au bord du lac de Constance, où Bond espionne le réseau ennemi qui tient sa réunion en pleine représentation de Tosca avant de les démasquer. Du vrai espionnage oui, ça faisait longtemps, pour le coup ça relève vraiment le niveau.
Au niveau des autres morceaux de bravoure, les poursuites remplissent largement le cahier des charges en matière de sensations fortes, faisant pratiquement tout le temps appel à l'inventivité et à la dextérité de Bond pour qu'il puisse s'en sortir, vu que ni son canot à moteur haïtien ni son avion à hélices ne sont armés.


Et la scène de fin est plutôt inattendue connaissant Bond, et offre une véritable alternative morale pour le personnage.


Un épisode que je me surprend à apprécier un peu plus à chaque visionnage, même s'il n'est pas aussi réussi et marquant que son prédécesseur.


http://www.senscritique.com/film/Skyfall/critique/6603811

Créée

le 7 avr. 2011

Modifiée

le 2 sept. 2012

Critique lue 3.1K fois

43 j'aime

33 commentaires

Jackal

Écrit par

Critique lue 3.1K fois

43
33

D'autres avis sur Quantum of Solace

Quantum of Solace
Jackal
7

Can I offer an opinion? I really think you people should find a better place to meet.

De Sienne à la Bolivie en passant par Haïti et l'Autriche, James Bond cherche à contrecarrer les plans de Dominic Greene, un magnat de l'écologie au service de la mystérieuse organisation criminelle...

le 7 avr. 2011

43 j'aime

33

Quantum of Solace
Docteur_Jivago
6

Permis de Tuer

Cette vingt-deuxième mission pour l'agent Bond, Quantum of Solace, a la particularité d'être une suite directe à son prédécesseur, le remarquable Casino Royale, permettant à l'agent britannique...

le 23 nov. 2014

42 j'aime

2

Quantum of Solace
Ugly
4

Quantum of salade à la noix !

Je me suis volontairement infligé ce revisionnage pour voir si je n'avais pas rêvé quand je l'avais vu en salles, et en fait non, ma note reste inchangée, ce Bond est catastrophique. Voyons voir...

Par

le 16 sept. 2018

38 j'aime

56

Du même critique

Retour vers le futur
Jackal
9

Mister Zemeckis, bring me a dream

1985. Marty McFly a 17 ans, et vit dans une famille de losers. George, son père, est une larve malmenée par Biff Tannen, son patron (et ancien emmerdeur/bourreau en chef au lycée). Lorraine, sa mère,...

le 15 oct. 2011

129 j'aime

5

Skyfall
Jackal
8

-Everybody needs a hobby. -So what's yours? -Resurrection.

James Bond, qu'on croyait mort suite à une bavure, doit affronter Raoul Silva, un ancien agent psychotique du MI6 qui a juré de se venger d'une trahison de M en lançant des attaques informatiques de...

le 26 oct. 2012

125 j'aime

21

There Will Be Blood
Jackal
9

Ça va saigner

Début du XXème siècle au Etats-Unis. Daniel Plainview ne poursuit qu'un seul et unique objectif dans sa vie : s'enrichir en trouvant et exploitant du pétrole. Tous les moyens sont bons pour lui, y...

le 27 août 2011

101 j'aime

7