PRIDE – 14/20

Avis sur Pride

Avatar Thibault_du_Verne
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L’alliance de deux mondes que tout oppose pour mener un combat commun est un excellent point de départ pour une comédie. Pride en est la parfaite illustration. En relatant cette étonnante histoire de solidarité dépassant les clivages et les préjugés, le film de Matthew Warchus s’inscrit dans la lignée des comédies sociales britanniques comme Full Monty ou Good Morning England qui ne sacrifient jamais le fond à la forme. Pride peut-être encore moins que les autres. Car s’il est entraînant, très drôle et même souvent émouvant, le contexte politique et social dans lequel il se déroule fait qu’il ne se départit jamais d’une certaine gravité. La politique traumatisante de Thatcher à l’encontre des classes ouvrières et des mineurs en particulier et l’apparition du sida dans la communauté homosexuelle au début des années 80 pèsent fortement sur le ton général du film. La formidable vitalité et l’énergie galvanisante qui le parcourent s’expriment clairement en réaction à la violence inouïe qui pèse sur les deux communautés. L’humour et le rire apparaissent alors comme un moyen de défier la fatalité et dédramatiser les situations les plus brutales.
Pride est un film résolument positif, définitivement attachant, et ses personnages forcent l’admiration. Certes, certains n’échappent pas aux clichés, mais peu importe, on est emportés par leur fougue et leur détermination. Comme toujours dans le cinéma anglais, les acteurs sont irréprochables, des révélations Georges Mackay et Ben Schnetzer à la géniale Imelda Staunton. Pour les amateurs de séries TV, on découvre avec amusement le couple que forment le McNulty de The Wire (Dominic West) et le Moriarty de Sherlock (Andrew Scott). Et on ne boude par notre plaisir coupable à écouter la playlist so eighties qui les accompagne…
Feel good movie pre-automnal idéal, Pride galvanise et réchauffe le cœur sans jamais nier la noirceur de son propos. Et en nous présentant l’épatant combat qu’ont livré les homos et les mineurs au début des années 80, il nous renvoie forcément un peu aussi à la question de nos propres luttes actuelles. Avec humour et légèreté certes, mais aussi conscience et pertinence.

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