Arthur, deuxième chance

Avis sur Arthur et la Vengeance de Maltazard

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Si ça n’avait tenu qu’à moi, je n’aurais pas regardé cette suite d’Arthur et les Minimoys, le premier m’ayant laissé suffisamment indifférent pour en conclure que la série n’était pas pour moi.

Mais la vie de couple, les compromis canapé-télé, vous voyez peut-être où je veux en venir. Madame avait accepté tel film, j’ai plié devant Arthur. Allez.

Le visionnage s’est finalement révélé bien plus sympathique qu’attendu, ce qui m’interroge. Peut-être que ma première rencontre avec Arthur ne s’est pas faite au bon moment. Peut-être que j’attendais si peu de ce second volet que je ne pouvais qu’apprécier ses qualités. Que maintenant que je connaissais l’univers j’allais d’autant mieux l’accepter dans cette suite.

Une fois encore, le film de Luc Besson joue sur deux tableaux, sur deux échelles, mais cette fois ci un peu mieux reliés, le monde réel, à la belle photographie jaune (foin, pour la ferme) et verte (pour la nature environnante) et le monde en miniature des insectes et des Minimoys. Ce qui se passe dans le deuxième entraîne d’autres conséquences dans le premier.

C’est d’abord l’Amérique des grands espaces et un peu passée, délicieusement désuète, dans la ferme des grands-parents, où toute la famille est réunie. Chacun des protagonistes est fantasque à sa manière, chacun des comédiens étant très inspiré, même si tous ont du coeur et Arthur n’en manque pas. Initié aux mythes de la nature, il s’apprête à revenir dans le monde des Minimoys, quand son père décide que lui et sa mère doivent repartir chez eux plus tôt. Il devra ruser et mentir à ses parents, car une cérémonie en son honneur l’attend chez ses amis riquiquis, et il veut revoir Sélénia, mais surtout il a reçu un grain de riz avec l’inscription « help » dessus. Le passage des mondes ne se passe pas comme prévu, et il aura bien du chemin à faire pour revenir au village et découvrir ce qu’il se passe.

Utilisant les règles de son petit univers déjà établi, les modifications sont à la marge, mais le plus appréciable est certainement celle de ne pas avoir une redite du scénario du premier, qui était déjà une resucée des clichés de ce genre de films. Le film tire en longueur ses scènes, s’éloignant du rythme forcément trépidant mais un peu fatiguant du premier. La recherche de l’auteur du message va ainsi occuper tout le film, permettant de retrouver les principaux personnages du premier. Il retrouve Max, rasta filou, qui lui offre la visite d’un quartier bien plus urbain, bien plus rap, qui plaira aux enfants qui ont grandi depuis le premier, et qui, malgré quelques clichés, offre un détour coloré et amusant. Arthur sauvera son ami Bétamèche, avant de retourner dans le village. Quant à Sélénia, elle est très peu présente, ce qui soulage aussi, car elle était assez agaçante dans le premier, mais peut-être que son importance sera réaffirmée dans la suite.

Car ce que ne dit pas le titre, même s’il spoile la fin, c’est que le film a été clairement conçu en deux parties, et que le deuxième s’arrête en plein milieu de l’action. Luc Besson veut en faire une saga à l’image du Seigneur des anneaux, d’Harry Potter ou de Pirates des caraïbes, ce qui reste présomptueux, à l’image de l’ambitieux bonhomme. Mais ce choix n’est pas si mauvais, car même si la conclusion est forcément frustrante, le rythme un peu plus posé permet de développer les personnages et l’univers.

Sa réalisation a d’ailleurs pris un petit tournant depuis le premier volet, abandonnant les pourtant réussies maquettes sylvestres pour une réalisation entièrement numérique. Le charme est différent, les elficologues regretteront que la saga perde un peu de son esthétique européenne des petites créatures des bois. Mais la nouvelle approche, plus vidéoludique, est peut-être plus fédératrice, et pas moins travaillée. La découverte du quartier avec Max rappelle celle d’un monde ouvert à la GTA, mais avec une patte néons et insectes curieuse et originale. Le budget ne semble pas être le même, puisqu’il y a assez peu de scènes qui cherchent à offrir du grand spectacle, au bénéfice des personnages.

C’est peut-être parce qu’il est plus apaisé que cet Arthur a pu me convaincre, se permettant de prendre le temps, mais aussi de rappeler l’importance de la nature, avec un message écologiste bien présent. Mais il faut bien reconnaître qu’il apparaît aussi comme une introduction pour la suite, installant de nombreux ponts, suggérant que les choses sérieuses allaient commencer et se terminer dans le dernier volet.

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