Il ne se passe rien, mais rien n'est pas rien !

Avis sur Arthur et la Vengeance de Maltazard

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Si le premier film Arthur et les Minimoys, des souvenirs que je gardais quand j'étais petit, était une véritable aventure et un agréable divertissement, je me souviens très clairement, là encore quand j'étais petit, avoir été quelque peu déçu par le deuxième opus de Luc Besson : Arthur et la Vengeance de Maltazard, sorti en 2009 et faisant suite directe au premier film. Et ce second film est encore une énigme pour moi tant il a l'air de n'être rien d'autre qu'une bande annonce pour le troisième film...

Dix lunes ont passé. Arthur s'apprête à retrouver les Minimoys comme il l'avait promis mais ses parents décident de partir plus tôt que prévu. Alors qu'il s'est résigné à les suivre, il reçoit un message de détresse : les Minimoys sont en danger ! Faussant compagnie à ses parents, Arthur décide de tout mettre en œuvre pour pouvoir retourner chez les Minimoys et pour les sauver.
Pas plus de spoil !

Alors... Le scénario ? Le scénario... Et bien en vérité, il est certes classique mais sympathique. Quand bien même l'introduction, nous contant les diverses épreuves que Arthur passe pour suivre un rite Bogo Matassalai ; à l'image de ce que son grand-père avait pu faire lors de son périple en Afrique (une fois de plus, la relation entre Arthur et son grand-père est, en plus d'être touchante, plutôt bien structurée), nous semble quelque peu... facultatif, le fait de faire renoncer le héros à une de ses promesses, quitte à faire germer dans l'esprit du spectateur un plausible détour dans les visées scénaristiques habituelles, est très franchement une bonne idée, rendant le message de détresse encore plus intense. Un message de détresse qui va bousculer absolument toutes les prévisions, offrant des alternatives intéressantes aux héros, amenant mine de rien (notamment pour le passage dans l'autre monde) une tension dramatique qui fait du bien et change avec les événements légers, enfantins du premier opus. Et si le début (la situation initiale et l'élément perturbateur si l'on souhaite reprendre la terminologie du schéma narratif) est vraiment sympathique, laissant espérer un nouveau film peut-être plus dynamique, plus mature, il faut avouer que le début des péripéties brise nos espoirs, instaurant un rythme inverse au premier film. Si, d'après mes ressentis, le premier film était beaucoup trop rapide dans l'exposition des enjeux, de l'action, le déroulement des différentes actions... ce film est beaucoup trop lent ! Sérieusement, que se passe-t-il ? Alors certes, nous avons de bonnes scènes d'action, de courses-poursuites dans des lieux atypiques (on y reviendra), on a le droit à passer la moitié (même plus) du film à résister de bâiller tellement il ne se passe, en terme d'action - je tiens à souligner ce terme, absolument rien ; ce qui n'est pas le cas des dialogues, là par contre, nous sommes gâtés ! A la place donc, nous avons le droit à des séances d'explications qui tirent en longueur et le moins que l'on puisse dire, c'est que ce qui se dit n'est guère très intéressant (à l'image de la journée de préparation de Sélénia ou, pire encore, des flashback de Maltazard ; sincèrement, je vois bien que d'un côté, on a bien quelque d'intéressant notamment avec l'emploi des nombreuses métaphores et comparaisons pour les objets du quotidien d'Arthur mais franchement, dans un film qui a déjà une vitesse de divertissement affreusement lente, c'est juste inutile (d'autant qu'il en fait des caisses...)). De ce fait, nous avons un film à double vitesse et l'équilibrage est tout simplement aux fraises, nous n'avons pas de juste milieu et c'est d'un dommage presque navrant surtout lorsque l'on voit que l'on met encore tous les efforts possibles dans la création de l'univers des Minimoys ; création entre guillemets car il y a tout de même de nombreux effets de répétitions entre ce film et son prédécesseur, notamment dans l'invention et l'utilisation des technologies Minimoys ou encore dans les propos, les blagues déclarées par les personnages (des références sympathiques si elles n'étaient pas sur-utilisées). Et je ne parle même pas du dénouement qui est frustrant au possible : il n'y a aucune résolution d'intrigue, bien au contraire, il n'y a que mise en place d'une intrigue qui ne sera résolue que dans le troisième film. Donc concrètement, ce film se ressent comme une immense introduction, une préface, un prologue pour le troisième film et c'est vraiment vraiment dommage, je me répète, lorsque l'on voit les efforts fournis : approfondissement de l'univers des Minimoys, découverte de nouveaux lieux vraiment atypiques, changement géopolitique avec l'arrivée d'un nouveau "dictateur"... Ainsi, si le scénario, dans ses grosses lignes, est sympathique, il ne faut surtout pas s'approcher trop prêt si l'on ne désire pas observer les nombreuses imperfections.

Pour les personnages... Commençons par les bons côtés : nous avons toujours les mêmes acteurs (excepté le père d'Arthur qui a changer de visage : Doug Rand laisse sa place à Robert Stanton) pour jouer les humains. Arthur, sa grand-mère et son grand-père sont toujours les meilleurs personnages ; la mère et le père d'Arthur sont toujours aussi incompréhensibles, irritants et j'en passe. D'ailleurs, je pense que c'est pour cette raison que la relation entre Arthur et son grand-père est si belle : Arthur et son père sont toujours en affrontement alors qu'Arthur et son grand-père sont toujours dans l'entre aide, de ce fait, Arthur trouve le réconfort et la figure paternelle qu'il aimerait avoir (dont il a besoin) en son grand-père. Quelque part, je me rassure de cette façon car autrement, Arthur est vraiment le garçon le plus malchanceux côté situation familiale. Néanmoins, pour ces acteurs, ce sont les voix françaises qui changent, notamment pour ce qui est d'Arthur et de Maltazard (Alain Bashung étant décédé quelques mois avant la sortie du film, c'est Gérard Darmon qui prend le relai, ce qui choque un peu quand on s'en rend compte). Pour les acteurs interprétant les Minimoys, Selena Gomez remplace Madonna pour Sélénia, David Gasman remplace Robert De Niro pour le roi des Minimoys et Lou Reed remplace David Bowie pour Maltazard ; et de ce fait, les voix françaises changent également pour la plupart. Et je dois avouer qu'avoir autant de changements dans le doublage, moi qui suis si sensible aux parlers des personnages, ça m'a beaucoup attristé... Bref, si les voix changent, les changements au niveau des caractères sont assez légers : Sélénia a bien troqué son attitude déplaisante avec un comportement plus effacé des provocations, Maltazard nous apprend qu'il est fan de cuisine (je grossis le trait mais on est pas loin de la vérité)... mais dans l'ensemble, on reste sur des terrains connus et déjà expliqué dans le premier film, ce qui n'est pas forcément pour nous déplaire. Par contre, du point de vue des nouveaux personnages "méchants" (qui n'apparaissent pas forcément à l'écran), étant donné que Maltazard a perdu son empire, c'est un nouveau dirigeant qui prend la relève et c'est tout. Rien, que dalle, un silence complet : que fait-il ? Est-il détesté ? Est-il tyrannique ? Aime-t-il les pizzas ? La seule chose que l'on sait de lui c'est qu'il a à sa botte une armée d'Unicorns qui, eux aussi, ne sont pas exploités et c'est triste pour le rôle d'antagoniste ; même si Maltazard parvient, à peine, à rehausser le niveau. Pour les nouveaux protagonistes adjuvants, nous avons de bonnes surprises notamment avec quelques têtes du côtés des Koolomassaï (les mêmes spécimens que Max) et de bonnes figures du côté des Minimoys mais qui ne sont guère exploités là aussi.
Dans l'ensemble, on reste sur une palette de personnages intéressants, qui divertissent même si, du côté des antagonistes, on ne peut qu'être un peu déçu par ce que l'on nous propose.

Pour le côté technique de ce film, rien à dire, on reste sur la même longueur qualitative mais aussi sur les mêmes déceptions concernant l'univers des Minimoys : le premier film introduisait ce nouvel univers, il pouvait être intéressant d'approfondir la chose. Alors, certes, d'un côté, nos "prières" ont été exaucées avec l'apparition d'un nouveau quartier Koolomassaï sympathique mais autrement, c'est encore assez néantique. On survole toujours les technologies, la culture Minimoys sans vraiment s'arrêter un instant, observer les merveilles que l'on pourrait nous proposer... Bref, ce n'est pas l'opus qui va changer les choses (et ce n'est très clairement pas le troisième qui s'en chargera - malgré quelques bonnes trouvailles ; je spoile un tout petit peu ma prochaine critique).
De ce fait, à l'instar de ce qui avait été dit pour le premier film, l'aspect technique est loin d'être catastrophique, il est même honorable même si on aurait aimé une petite amélioration (en trois ans, on a le temps d'évoluer). Et pour le côté immersion, on se contente du minimum. C'est dommage...

Ainsi, côté lieux et paysages, on retombe sur des propos identiques à la première critique.

Pour les musiques, nous avons toujours Eric Serra à la composition et on reste avec des musiques longeant les rails de ce qui avait été fait pour le premier film : des musiques légères, discrètes et des emprunts bien connus qui fera, au mieux, sourire le spectateur.

Arthur et la Vengeance de Maltazard avait toutes les cartes en main pour proposer quelque chose d'inédit vis-à-vis du premier film mais se contente de recycler ce qui a fonctionné dans le premier film et ne cherche à ne surtout pas se mouiller, de peur de s'attirer les critiques négatives. Et c'est exactement ce qui arrive, sauf que c'est pour ne pas avoir fait d'efforts. La dynamique d'une extrême lenteur n'aide en rien l'appréciation du film et ne fait qu'accentuer le côté oscillatoire, pour le moment, de la saga qui ne semble pas trouver sa vitesse de croisière. Néanmoins, le divertissement, bien qu'entaché pour les nombreux points relevés, reste au rendez-vous grâce au merveilleux de son univers. Il faut juste espérer que le troisième et dernier film réagisse mieux aux attentes du public, mais ce n'est pas forcément gagné.
Et n'oubliez pas que la Fantasy nous appartient !

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