Sauver le souvenir tronqué de la grande Amérique

Avis sur Armageddon Time

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James Gray offre une ballade pluri générationnelle où coexiste le futur et le passé.

Le futur, celui des enfants, principalement celui de Paul, est flou, incertain offrant d'innombrables opportunités sans que ces dernières ne se dévoilent à lui.

La quête spatiale s'inscrit finalement dans cette crainte de ne pas trouver sa place dans un monde connu mais étranger ne comprenant pas les aspirations artistique de Paul.

C'est aussi le lien et le fil rouge réunissant les deux temporalité. C'est son grand père, seul membre de la famille qui comprend Paul, qui lui offre la fusée à construire qu'ils lanceront ensemble dans l'une des plus belles scènes du film.

L'envol de la fusée prend ainsi la forme d'un passage de témoin. Le relais d'une course ou les haies seraient les obstacles qu'il devra affronter : sa famille, ses camarades de classe, le racisme et le rejet incompréhensible de son ami de toujours.

Cette même injustice et cette même dureté sont tragiquement rappelées par le père de Paul. Moment clé ou nait la relation naturelle et normale entre un père et son fils.

Guider la jeune génération est au coeur du film. Ne pas reproduire les erreurs passées, oublier les hontes passées d'une Amérique peu fière.

Toute la poésie habituelle propre à la mise en scène du cinéaste est absente au profit d'un dirigisme prégnant et d'un récit trop académique.

Le spectateur est tenu par la main l'empêchant de contempler ce qui pourrait être un miroir de sa propre jeunesse. Rien n'est suggéré, aucune subtilité dans les émotions trop souvent sur démontrée.

Cette enfance malmenée aurait pu être un formidable clin d'oeil et une superbe "mise à jour" des 400 coups de Truffaut mais il n'en ait rien. On arrive presque à se désintéresser du sort de Paul. Les autres membres de la famille, telle que le frère ou la mère n'ont aucune espèce d'importance dans le déroulement du film ce qui réduit considérablement la lecture du spectateur dans l'appréciation des cicatrices et des blessures de la famille.

Il était une fois James Gray n'est pas il était une fois en Amérique

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