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When the Wind Forgets Your Name par bisca

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Une sonnerie, stridente et insupportable, retentit. Les hauts parleurs annoncent une arrivée en gare imminente. Derrière les barrières du passage à niveau, au loin, quelques automobilistes piaffent d’impatience. Le chef de gare s’apprête à dégainer son sifflet comme si l’avenir de l’humanité en dépendait (un grand pouvoir implique de grandes responsabilités, on ne cessera jamais de le répéter). Le train de la consécration indie rock passe mais ne s’arrête pas. Doug Martsch reste seul, sur la plateforme, à regarder les wagons défiler devant lui, sans ralentir. Quelques années plus tôt, Yo La Tengo ou encore Sebadoh avaient pu monter à bord de l’express sans trop de problèmes. Pavement avait même voyagé en première classe. Dans ces nineties qui touchent à leur fin, et malgré les qualités évidentes de Perfect From Now On (1997) et Keep It Like A Secret (1999), Built To Spill reste à quai. When The Wind Forgets Your Name est le neuvième album du groupe et le premier a enfin – on a presque envie de le crier – sortir sur Sub Pop, après deux décennies passées chez les philanthropes et désintéressés Warner. Martsch, et le contraire aurait été étonnant, parvient une nouvelle fois à se réinventer sans pour autant révolutionner quoi que ce soit. Les guitares, le sens de la mélodie, le détachement sérieux, l’application libertaire… Tout est là. Cependant, et on ne va pas se mentir, l’apport des brésiliens João Casaes et Lê Almeida, du groupe psyché-tout ce que vous voulez Oruã, ne se fait sentir que sur le papier. Et, à bien y réfléchir, cela n’a aucune importance. Car, du début à la fin, Built To Spill sonne comme du Built To Spill. Du Built To Spill qui aurait retrouvé, en faisant le ménage, des vieux albums de Dinosaur Jr ou du REM des débuts. Et c’est, nous en conviendrons, largement suffisant. Les puristes et aficionados de la première heure se reconnaîtront dans Gonna Loose, Fool’s God, Understood ou encore Spiderweb (qu’ils s’épargnent cependant le dubesque Rocksteady, la vie est déjà assez compliquée comme ça). BTS, pour paraphraser Stephen Malkmus, ‘always dressed for success but success it never comes‘ (Here sur Slanted And Enchanted). Ce côté loser (presque) magnifique rend le groupe de l’Idaho au line-up interchangeable – pour ne pas dire jetable – profondément attachant. Mais, fort heureusement, les raisons de notre affection ne sauraient se limiter à si peu. Built To Spill est avant tout une valeur sûre, rassurante et réconfortante. Une madeleine, voire un doudou. Une formation qui, sans trop tutoyer l’exceptionnel, ne déçoit jamais (chose assez rare pour être signalée). En cette période de foire aux vins, oublions les grands crus. Laissons-les à ceux qui ne méritent pas mieux. Built To Spill est un Saumur Champigny. Un vin simple, constant et sans prétention, que l’on prend toujours plaisir à boire et partager. Agréable sans être essentiel. Consommez When The Wind Forgets Your Name sans modération aucune. (mowno)

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