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Avis sur Stup Forever

Avatar SombreLune
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Ça c'est d'la musique ! Bandes de scolopendres !

Presque trente que les maintenant quinquagénaires du Stupeflip ont percé et nous réjouissent par leurs beats électro pop, cette espèce de Hip hop déjanté musique de drogué imprégnée de Phantom musique, de mélodies douces amères. Un son de l'époque, un reflet du temps qui passe trop vite et que l'on savoure volontiers en leur compagnie. Putain c'est tellement bon !

16 septembre 2022, 23 heures ma fille m'appelle. Petite salope elle sait pas que les vieux ça pionce sévère à cette heure. Chance suis en train de bouquiner au paddock pour oublier l'actualité effarante et cet enterrement de la Queen of england qui n'en finit pas.

- Allo papa ? Au fait tu as écouté le dernier Stupeflip ?

- Ah no, j'savais pas qu'ils avaient sorti un LP...trop cool !

- Ouais j'ai pas écouté non plus !

P'tite discute avec la pépète puis peux pas attendre, j'attrape l'ordi et KèkKliKlater le CD est sur le bureau. J'ai hâte de l'écouter demain matin.

Un album de Stupeflip ça s'écoute d'une traite deux ou trois fois à la file pour rien laisser passer tout en montant progressivement le volume, pour s'imprégner de l'ambiance, entrer dans le son de King Julien véritablement la tête mélodique du crou et de ses acolytes décapants.

Oui "Stup Forever" on l'espère pour entendre un langage vrai, expurgé des conneries convenantes et polissées du quotidien. Cet album est clairement une fois de plus du très bon Stupeflip avec des paroles acides et gaies mais aussi à l'onirisme désabusé bonifiées par l'éventail maitrisé des sons dont ils ont l'habitude. La force de ce groupe c'est que plus on entre, plus on avance dans l'album plus on se régale. Morceau après morceau on dodeline, on écoute, on sourit on rit et quand ça se termine on rebalance au début. Qu'on ne s'y trompe pas ils sont de vrais musiciens avec une capacité à mettre leur époque en images mentales sonores donc des Artistes ! Entre ces trois larrons l'alchimie sonore se fait et le temps n'a pas bousillé le potentiel. Bien sur on va trouver qu'ils sont un peu plus calmes car de l'eau à coulé sous les ponts depuis "A bas la hiérarchie". Les années s'empilent la rage des débuts s'estompe un peu mais ça reste décalé dans le bon sens du terme et revendicatif doux amère. On aime Stupeflip et les balles qu'ils balancent à travers nos enceintes nous touchent en plein coeur ensuite ils nous entrainent sur de magnifiques mélopées fantômes comme "C'est tellement bon" resucée de "Depuis qu'je fume plus d'shit" et ses phrases qu'on chante en coeur avec eux. L'album avance on est pris d'une espèce de tristesse, mélancolie douce et gaie. Tristesse partagée avec des types qui manient leur art pour instiller dans tes oreilles et ta caboche bouchée de belles choses à l'image de l'intro full of réverb de "L'truc explosif", rire et larmes mélangés, c'est la claque ! La Camarde aussi montre le bout de son museau sous "Les voûtes" du temps qui file et des rencards de la vie que l'on a tous loupés.

La fin de l'album est splendide la construction sonore s'emboite parfaitement. Sur "The platform" les poils à nouveau se hérissent c'est bon, c'est tranquille, c'est doux, ça te pousse à fredonner et puis toujours ces jeux sur les allitérations qu'ils manient avec grace et justesse. On retrouve avec horreur et bonheur le chant hurlé de Cadillac, la verve de Mc Salo. Du grand Supeflip sur "Régions fédérées". Ça commence mi sérieux mi débile pour se terminer en délire complet sur le massacre de "Tous les cris , les SOS" de Balavoine et les rires qui fusent les leurs, les notres même Balavoine doit se marrer, la haut, la d'ssous ou bien nulle part ! Comme si ces types étaient maudits : incapables de faire de la Daube quand ils sont ensemble, là est leur force ! Oui car seuls ce n'est pas la même n'est-ce pas Cadillac, n'est-ce pas Mc Salo ?

Les émotions s'emmêlent dans la musique, se pénètrent, se roulent, s'embrassent, se chahutent, se caressent, rient et pleurent, chantent et dansent et puis la dernière note arrive et tu reprends apaisé par l'onirisme ou tracassé par la détresse utopique de King Ju le cours de ta vie.

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