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Album de Transition

Avis sur Stup Forever

Avatar Alfred Tordu
Critique publiée par le

ll faut accepter qu'on ne retrouvera jamais totalement le son des premiers albums à base de guitares saturées, de synthés crados, de boucles passées à l'envers et autres expérimentations sonores hors du commun. Ces éléments n'apparaissent que sporadiquement au sein d'un disque majoritairement tourné vers le Hip Hop des 90's. Le Crou confirme ainsi son virage artistique opéré avec Stup Virus, sans toutefois conserver le mixage plat et les intrus lisses qui desservaient grandement leur précédent opus.

Ici, le mix plus punchy et la prédominance de samples issus de musique classiques soutiennent à merveille le flow énergique de King Ju, tout en conférant à l'ensemble une forte dimension épique. Le leader du Stup a conçu son nouveau bébé comme une route jonchée de bangers sans temps mort et le moins que l'on puisse dire, c'est que l'objectif est parfaitement remplit. Les 17 titres s'enchaînent avec une fluidité exemplaire, brassant une à une toutes les influences musicales de son auteur, du Hip Hop old school au Pop Rock à la Johnny Hallyday, en passant par un savoureux pastiche des Nèg'Marrons.

Certes, les fans-hardcore regretteront amèrement que toute la mythologie du Crou soit désormais reléguée au second plan sans être enrichie d'une quelconque manière, alors que c'était justement le lore entourant cet univers fantaisiste et ses centaines de personnages qui rendait le projet aussi attrayant. Je suis moi-même assez frustré par ce parti prit mais l'accepte sans trop de problème parce que ; d'une part, King Ju avait largement exprimé dans le final de Stup Virus sa lassitude vis à vis du monde qu'il avait créer ; et d'autre part, toute cette mythologie fantasque n'a jamais été l'intérêt principal du projet. Si on écoute Stupeflip, c'est avant tout pour ses musiques, sa prod, ses lyrics et pour ce que ça raconte intrinsèquement sur son créateur (Julien Barthélémy) ou sur nous-mêmes. C'est pour cette raison qu'entre deux freestyles d'allitérations absurdes, le leadeur du stup aborde sa dépendance au cannabis, sa mélancolie face au temps qui passe, les excès colériques de son paternel, ainsi que le rapport compliqué qu’il entretient avec son public, tout en réaffirmant formellement sa volonté de ne plus jamais se produire en live. Durant des années, Julien s'est servit du Crou pour parler de lui, de ses traumatismes, de ses obsessions ou de sa philosophie de vie mais toujours de manière détournée, en brouillant les pistes. Désormais, il en parle frontalement, avec sa propre voix et sans allégories. Une évolution qui se répercute également dans sa communication médiatique. Lui qui faisait jusque là toujours en sorte de garder une certaine distance avec les médias humains se prête maintenant volontiers au jeu de la promo, ne rechignant plus à se présenter comme le seul artisan derrière Stupeflip ou à détailler avec précision son processus de création dans des stories Spotify ou devant un Grand JD aux yeux ébahis.

Ainsi, si Stup Virus était un album de lassitude, je vois Stup Forever comme un album de transition dans lequel l’auteur s'émancipe progressivement du Crou pour, potentiellement, revenir plus tard avec un nouveau projet qui lui, serait cette fois 100% personnel. Dans tous les cas une chose est sûre, avec ou sans le Stup, Julien n’est pas prêt de quitter sa maudite menuiserie.

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