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Deaf, Dumb, Blind: Summun, Bukmun, Umyun par xeres

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Pharoah Sanders – Summun Bukmun Umyun - Deaf Dumb Blind (1970)

Près de six mois sont passés, une session d’enregistrement est organisée aux Studios A&R à New York, le premier juillet soixante-dix. Leon Thomas n’est plus là, et la formation a subi quelques bouleversements. Le premier concerne Pharoah lui-même qui ne joue pas du ténor mais du soprano et aussi de pas mal d’instruments de percussions, il faut dire qu’il a été à l’école de Sun Ra où chaque musicien est d’abord un percussionniste. Ainsi il joue également du piano à pouces, du sifflet de la flûte et des cloches.

Il en va de même pour Gary Bartz principalement à l’alto et aux instruments accessoires, Lonnie Liston Smith au piano, piano à pouces et percussions, Woody Shaw à la trompette aux maracas et aux percussions diverses, Cecil McBee est à la basse, Clifford Jarvis à la batterie, Nathaniel Bettis aux percussions africaines, Anthony Wiles à la conga et aux percussions africaines également.

Déjà on peut parler d’une sorte de tournant, l’album porte une pièce par face, « Summun, Bukmun, Unyun » se tient sur la face A et pèse vingt et une minutes, « Let Us Go Into The House Of The Lord » se tient au-delà des dix-huit minutes sur la face B. Les notes de pochette nous expliquent que le titre de l’album est une citation provenant du Coran qui signifie « Sourd, muet, aveugle ».

Cette première face marque déjà un tournant avec les deux albums « Impulse » précédents, pourtant elle est également révélatrice d’un virage stylistique qui s’affirmera assez souvent par la suite. Après une courte introduction à la basse, les percussions en nombre établissent un fort tapis sonore, propice aux envolées des solistes qui se succèdent, ou même jouent en même temps.

Tous ces rythmes, sifflets, cloches et instruments de percussions divers s’agglomèrent joyeusement autour de la basse de Cecil Mcbee qui maintient invariablement le cap, Pharoah a bien appris de Sun Ra, les saxs, trompette fusent en solos, se relançant avec abondance. Une place est également offerte au piano qui offre un solo et marque des rythmes répétitifs entêtants, ainsi se crée ce sentiment de transe qui habite la pièce. Pourtant il est bon de pousser le son, même sur les versions d’origine.

« Let Us Go Into The House Of The Lord » est un traditionnel arrangé ici par Lonnie Liston Smith. La pièce se déroule sur un mode extatique que l’on entendait parfois chez Coltrane lorsque la quête était abandonnée. Cet état de grâce et de béatitude sera assez souvent présent dans la musique de Pharoah qui semble avoir trouvé ce qu’il cherchait, une façon d’extérioriser sa paix intérieure et son bien être spirituel. La musique est contemplative et même béate, le soprano va bien à cette illumination, tout comme les vagues formées par les notes du piano qui déferlent sereinement, et la basse frottée doucement à l’archet de Cecil McBee.

Ainsi va la musique de Pharoah, ici un peu moins essentielle et pourtant pleine de grâce.

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